COIGNET, Gillis I

(CONGNET, COINGNET, QUINET, QUINGET) (Gielis)dit Gillis met de Vleck, Aegidius Quinetus
Anvers, vers 1538 - Hambourg, 1599


Peintre de portraits, de paysages, de scènes mythologiques, historiques et religieuses. En 1553, Coignet fut inscrit dans la gilde de Saint-Luc à Anvers, comme élève de L. Wenslyns; il fut aussi en apprentissage chez A. van Palermo. En 1561, il reçut le titre de maître. Il entreprit un voyage en Italie, qui le mena notamment à Naples, en Sicile et à Rome. Là, il travailla avec un certain peintre Stello; ils peignirent entre autres des fresques à Terni. En 1568, Coignet siégea comme membre lors d'une séance de l'Accademia del Disegno de Florence. Deux ans plus tard, il se trouvait de retour à Anvers. A partir de 1570, il eut différents élèves en apprentissage : S. Ykens (1570), J. Hermans (1571), G. Dooms (1574) et R. Huls (1584); C. Pietersz, C. Cornelisz et C. Molenaer sont également mentionnés comme ses élèves. D'après C. van Mander (1604), ils travaillèrent souvent sous le nom de Coignet. C. Molenaer, par exemple, peignit parfois des paysages et d'autres arrières-plans dans des œuvres de son maître. Coignet devint en 1584 et 1585 respectivement co-doyen et doyen de la gilde de Saint-Luc. Sous le gouvernement d'Alexandre Farnèse, il émigra en 1586 à Amsterdam. Là, il reçut le droit de bourgeoisie en 1589. Six ans plus tard, il partit pour Hambourg, où il entra en contact avec H. Vredeman de Vries. Il y travailla pour des églises. Les œuvres de Coignet trahissent l'influence de l'école vénitienne, plus précisément celle de Titien et de Tintoret. Les touches rapides et la diversité des tonalités rappellent les dernières œuvres de Titien. Les similitudes avec le style de ce maître apparaissent surtout dans la copie signée et datée 1579 du tableau de Titien "Vénus et Amour" (Kassel, Staatl. Kunstmlg.). Le "fa presto" ainsi que le soin réservé au coloris se retrouvent à nouveau dans le "Portrait de Pierson la Hues, tambour de la gilde du Vieil Arc" (Anvers, K.M.S.K.) et dans le "Saint Georges et le dragon" (Anvers, K.M.S.K.), tous deux signés et datés 1581. Le "Portrait de Pierson la Hues" témoigne d'un grand sens de l'observation. Van Mander caractérise Coignet d'habile peintre de scènes nocturnes. D'après lui, l'artiste utilise de l'or pour obtenir des effets de lumière autour des torches et des chandelles. La peinture "Tirage d'une loterie sur le Rusland au profit de la Dolhuis à Amsterdam" (Amsterdam, Rijksmus.), attribuée à Coignet et datée 1592, l'illustre parfaitement. D'autres tableaux sont signés et datés 1595 : une "Résurrection" (Hambourg, St-Jacobskirche), une "Descente du Saint-Esprit" (St-Petrikirche) et une "Allégorie de la vanité" (Paris, Louvre). De nombreuses compositions de Coignet ne sont connues que par les gravures qu'elles suscitèrent. Les graveurs R. et J. Sadeler, P. de Jode, J. Matham, P. Galle, A. et H. Wiericx et J. Muller ont travaillé d'après ses œuvres.

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