COCLERS, Jean-Baptiste
Maestricht, 1696 - Liège, 1772
Peintre d'histoire, de portraits et de fleurs. Ce fils de Philippe Coclers fut certainement le plus illustre des représentants de la dynastie. Il se serait rendu à Rome bien jeune encore, sans doute vers 1713. Selon son contemporain Henri Hamal, il y aurait travaillé auprès de Sebastiano Conca et de Marco Benefial, se serait marié et aurait eu plusieurs enfants. Il a en tout cas été inscrit à l'académie de Saint-Luc et s'est intéressé de près à la technique de la fresque. Mais peut-être son séjour transalpin fut-il bien moins long qu'on ne l'a généralement répété. Sur le chemin du retour, il se serait arrêté avec sa famille à Marseille, où il aurait réalisé une vaste peinture murale pour la Bourse de l'endroit. C'est là que son épouse et ses enfants seraient décédés au cours d'une épidémie de peste. Il est de retour à Maestricht avant 1731. Là, il peint en 1737 un imposant "Olympe" pour le plafond de la salle du Conseil de l'hôtel de ville. Il dut acquérir un joli succès dans ce genre de décor puisqu'il fut appelé à réaliser en 1741 un plafond du même type, avec "Le Temps enlevant la Vérité", pour l'hôtel du banquier Willems à Liège (aujourd'hui musée d'Ansembourg). A cette époque, l'artiste est définitivement établi à Liège, où il réside depuis son mariage en 1737 avec Marie-Josèphe Bertrand, dont il aura quinze enfants (cinq au moins se tourneront vers la peinture). A l'opposé de son cousin Jean-Georges-Christian ou de P.J. Delcloche, J.B. Coclers incarne avant tout, dans le prolongement d'E. Fisen et de T.E. Plumier, la grande tradition liégeoise de peinture d'histoire (et singulièrement de peinture religieuse), toujours très appréciée au milieu du XVIIIe siècle. Et le large succès qu'il se tailla a trouvé sa consécration dans la nomination de l'artiste comme peintre officiel du prince-évêque Georges-Louis de Berghes, puis comme conseiller honoraire de Jean-Théodore de Bavière. Contrairement à ce que l'on a souvent avancé, il ne semble pas que la peinture de fleurs fût pour lui une préoccupation essentielle. Enfin, notons que si J.B. Coclers occupe une place déterminante dans l'histoire de la peinture liégeoise, c'est moins par sa vaste production, de qualité très inégale, que par un véritable rôle de chef d'école. C'est en effet dans son atelier que se formèrent les principaux peintres locaux de la seconde moitié du XVIIIe siècle : L. Defrance, N.H.J. de Fassin, J. Latour et M. Aubée, sans parler de ses propres enfants.
Redacteur
- Kairis, Pierre-Yves
Collecties
- Sint Laurentiuskerk (Bemelen (Margraten))
- Kerk Sint-Sébastiaan (Charneux)
- Collegiale Kerk Onze-Lieve-Vrouw (Hoei)
- Kerk Sint-Amandus (Jupille-sur-Meuse)
- O.C.M.W. (Luik)
- Kerk Saint-Servais (Luik)
- Palais de justice (Luik)
- Bonnefantenmuseum (Maastricht)
- Stadhuis (Maastricht)
- Bisschoppelijk Paleis (Namen)
- Prenten en Tekeningenkabinet (Luik)
- Collections artistiques - Galerie Wittert (ULg-Philo-Serv.Gen) (Luik)
- Museum Curtius (Mus Archéo-Arts déco) (Luik)
- Museum d’Ansembourg (Mus. Archéo-Arts déco) (Luik)
- Museum voor waalse kunst (Luik)
Bibliografie
- G. Jorissenne, Jean-Baptiste Coclers, peintre wallon, in Chronique archéol. du pays de Liège, III, 1908, pp. 7-12.
- J. Brouwers, De schilders Philippe en Jean-Baptiste Coclers, in Limburg, L, 1971, pp. 101-107.