VAN ANDERLECHT, Englebert

Bruxelles, 1918 - 1961


Porteur de télégrammes dès l'âge de quatorze ans, il suit les cours du soir de dessin à l'école des arts du dessin de Saint-Josse-ten-Noode de 1935 à 1942, et s'initie à la peinture dans l'atelier de J. Maes, où il rencontre G. Bertrand, J. Lismonde, E. Mahy, G. Nicaise et L. Van Lint. Il participe aux salons Art Jeune en 1941, 1942 et 1943 organisés par la galerie L'Atelier à Bruxelles. Sa première exposition personnelle a lieu à la galerie Apollo à Bruxelles en 1955. Il exposa ensuite entre autres au palais des beaux-arts de Bruxelles en 1959, et eut plusieurs rétrospectives notamment au palais des beaux-arts de Bruxelles en 1963, au musée d'Ixelles en 1968, au musée des beaux-arts d'Ostende en 1969 et aux musées royaux des beaux-arts de Belgique à Bruxelles en 1990. Il obtient une mention au prix Jeune Peinture belge en 1956 et 1958; il remporte le prix Lissone en 1957 et le prix Olivetti en 1961. Il débute par une figuration conventionnelle influencée par J. Maes dans des natures mortes, des nus et des paysages urbains. De 1943 à 1953, il refuse d'exposer, cherchant sa voie et assimilant Cézanne, la palette de Matisse, le cubisme de Picasso, Derain, Seurat, et réalise une série de petits paysages aux couleurs claires et vives, aux formes et volumes réduits à l'essentiel. Il s'oriente rapidement vers un expressionnisme abstrait et lyrique caractérisé dès 1953-1954 par l'exaltation des formes et des couleurs ("La voie lactée", 1954, Bruxelles, M.R.B.A.B.; "Le monde du silence", 1956, Bruxelles, Etat belge), tout en gardant encore un lien avec des schémas représentatifs. Animé d'une vie intérieure intense, il s'affirme tout à fait dès 1958 dans des toiles aux formes tourbillonnantes, aux gestes de plus en plus instinctifs, traduisant pleinement son tempérament passionné. En 1958-1959, à l'initiative de S. Vandercam, il participe à l'expérience poético-picturale de peinture partagée avec J. Dypréau, joignant mots choc et mouvements picturaux tumultueux ("A perte", 1959, Ostende, P.M.M.K.; "Traduire la lumière", 1959, Bruxelles, M.R.B.A.B.). Il prend part en 1960 à la fondation de la Nouvelle Ecole flamande, dont il co-signe le manifeste rédigé par P. De Vree et le peintre minimaliste J. Verheyen et réalise avec ce dernier une série de compositions abstraites et lumineuses unissant monochromie et peinture gestuelle ("L'un et l'autre", 1960, Ostende, P.M.M.K.). Au cours des derniers mois de sa vie, sa production est intense, traduisant dans des toiles aux gestes puissants sa révolte, son angoisse, mais aussi son espoir ("Le Grand Noir", 1960, Gand, M.H.K.).

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