SCHUT, Cornelis

dit Broodzak
Anvers, 1597 - 1655


Peintre d'histoire, d'allégories, de scènes religieuses et mythologiques, graveur. On n'a pu déterminer jusqu'à présent auprès de quel peintre, C. Schut effectua son apprentissage. Aucun document d'archive ne permet d'affirmer qu'il fut l'élève de P.P. Rubens. Reçu franc-maître de la gilde de Saint-Luc d'Anvers en 1618, il devient membre de la chambre de rhétorique De Violieren en 1620 et part pour l'Italie. Entre 1622 et 1623, il est un des fondateurs à Rome de la Schildersbent (association des peintres flamands) et est connu sous le sobriquet de "Broodzak". Certains auteurs ont cru en l'existence de deux peintres homonymes, l'un né à Anvers en 1597 et l'autre surnommé "Broodzak", lui aussi anversois, faisant partie à Rome de la Schildersbent et ayant eu en cette ville une vie fort agitée. En 1971, H. Vlieghe établit que ces deux Cornelis Schut ne sont qu'une seule et même personne. En compagnie du peintre hollandais Timan Craft, Schut exécute, de 1626 à 1627, les fresques du Casino Pescatore à Frascati. En septembre 1627, il est incarcéré pour le meurtre du peintre hollandais Giusto (Joost uit den Haech ?). Gracié, il est expulsé de Rome et séjourne probablement à Florence. En 1631, il est de retour à Anvers où il jouit d'une grande renommée et forme de nombreux apprentis. En 1635, il participe aux décors de la Joyeuse Entrée de Ferdinand d'Autriche à Anvers et à Gand. Il obtient de nombreuses commandes de tableaux d'autel dont il s'est fait une spécialité et décore, entre 1645 et 1647, la coupole de l'église Notre-Dame d'Anvers. Il peint également des allégories et des sujets mythologiques qu'il diffuse, entre autres, par l'intermédiaire du marchand Willem Forchoudt d'Anvers. Son abondante production l'ayant enrichi, il s'installe, à la fin de sa vie, dans un domaine qu'il acquiert à Borgerhout (dans les faubourgs d'Anvers). C. Schut se situe dans la mouvance stylistique de Rubens dont il reprend certains types humains et des éléments de composition. On dénote cependant chez lui des réminiscences d'Abraham Janssens qui apparaissent dans certaines de ses œuvres allégoriques telle "Le triomphe de Neptune et Amphitrite" (Florence, Uffizi). Son séjour italien le met en contact avec la grande peinture baroque et montre dans sa volonté d'idéaliser ses personnages une influence des Bolonais tels Dominiquin ou Cortone. Le style de Schut se caractérise par l'emploi du clair-obscur, par l'utilisation d'un coloris vif parfois acide, associé à des tons de terre et par une certaine "horror vacui" dans l'occupation de la surface de la toile.

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