PEIRE, Luc

Bruges, 1916 - Paris, 1994


Peintre de portraits, de paysages, d'œuvres abstraites, créateur d'environnements. Elève à l'académie de Bruges, à l'institut Saint-Luc à Gand et à l'institut national supérieur des beaux-arts à Anvers (1936). Ami de C. Permeke, après une période intimiste, il subira son influence dans une simplification audacieuse des formes et une traduction d'immenses horizons. Il voyage en Italie, en Espagne, traverse l'Afrique, du Maroc au Cap (1952-1953). Il rencontre E. Westendahl et A. Sartoris à Ténériffe (1953) et M. Seuphor à Paris (1959) qui l'influencent. Il participe aux activités de la Jeune Peinture belge et des salons Apport. Son œuvre suit dès lors une évolution toute personnelle; la dominante bleue s'impose - soutenue de gris et de mauve - avec parfois, une intrusion de rouge, de jaune ou de blanc; la forme se verticalise, les corps se synthétisent au point de ressembler à des quilles, à des tiges à peine renflées. On parle d'influence africaine, c'est plutôt une recherche de rigueur. Celle-ci va s'accroissant, soutenue par une précision géométrique intransigeante jusqu'à atteindre le purisme. Il emprunte au monde physique ce qui est nécessaire à ne pas couper le contact avec le monde : sol, chevalet, escalier. L'univers de Peire est pureté : pureté de la couleur, pureté de la forme, pureté du rythme. Dès 1964, il adopte le formica comme support; ses œuvres - des graphies - s'appuient sur les noirs et les blancs. Peire fait bouger ses lignes par des mouvements de rythmes subtils. "Mes graphies, dit Peire, sont des recherches pour capter l'espace, pour y aboutir avec le minimum de moyens." En 1965, il réalise ses premières études pour ses "Environnements", édifices clos dont les parois sont des panneaux de formica peints, le sol et le plafond des miroirs. En même temps qu'un élan vertical, le miroir insuffle une sensation de néant. Peire se rend à New York en 1965-1966. En 1968, invité au Mexique, il réalise un environnement "Ambiante Mexico 68" (Mus. nac. de Arte Moderna). Il exécute une série d'environnements à Paris, Bruges et Auckland. "L'homme vit debout, dit Peire, pour moi la verticalité c'est la vie, ma recherche, c'est l'espace (...) atteindre à la verticale infinie, à l'espace illimité." Il voyage en Orient, en Inde, au Japon... Il contribue à l'architecture par ses "Intégrations", tels le mur peint de trois mètres sur quinze, à l'Eurohalle de Courtrai, ou le mur en relief pour la compagnie van Breda à Anvers (1968), ou celui du collège de la Seyne (1973) ou de l'université de Lille (1975). Peire joue avec le béton : ses saillies, sa rugosité créent les ombres et la lumière. Il évoque le rôle social : "Nous devions arriver à faire œuvre ensemble, œuvre anonyme d'un groupe d'humains de notre siècle". Son œuvre est l'héritière d'un K. Malevitch, d'un P. Mondrian, d'un J. Albers.

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