MICHAUX, Henri
Namur, 1899 - Paris, 1984
Peintre et poète, autodidacte, naturalisé français en 1955. Il fut impressionné par la lecture des "Chants de Maldoror" de Lautréamont. Encouragé par F. Hellens et J. Paulhan, il écrit dans la revue "Le Disque Vert". Dès 1925, il découvre la peinture grâce aux surréalistes (Klee, Ernst, De Chirico). En 1927, il réalise ses premiers dessins - sortes d'hiéroglyphes - et publie son premier livre important "Qui je fus". Fixé à Paris, il dessine et peint de plus en plus. Il fit de nombreux voyages en Amérique du Nord et en Asie d'où il ramènera un grand intérêt pour la calligraphie chinoise ("Un barbare en Asie", 1933). Rédacteur en chef de la revue "Hermès" en 1937. Première exposition à la galerie P. Loeb à Paris, en 1938. Durant la Seconde Guerre mondiale, il séjourne dans le midi de la France et rencontre A. Gide. C'est dans le livre "Epreuves Exorcismes" (1940-1944), qu'il parle des "hommes en fil", ses premiers idéogrammes tracés de façon précise et lente. Il a trouvé le signe de type humain à partir duquel vont s'organiser ses futures recherches dont les "Meidosems" (1948). A la suite du décès de son épouse, il réalise des centaines de dessins et écrit un poème, "Nous deux encore". Animé de mouvements frénétiques, son pinceau trace des silhouettes de type humain; ses dessins sont rassemblés dans un recueil en 1951 : "Mouvements". Cinq ans plus tard débutent ses expériences avec les hallucinogènes dont il rendra compte dans plusieurs livres et dessins. En 1959, il expose des grandes peintures à l'encre de Chine, sa technique de prédilection. Il publie, en 1966, un recueil de douze eaux-fortes constituées de signes, "Parcours", et en 1974 un livre de signes, "Par la voie des rythmes". Le musée national d'art moderne de Paris lui consacre une importante exposition (1978). La recherche d'un univers de signes comme la source la plus directe de l'expression et la création de paysages et d'êtres fantastiques sont les deux thèmes de l'œuvre de Michaux. Se méfiant du langage, il va le désarticuler pour le recréer avec violence. Il lui substituera progressivement les signes, isolés ou participant d'une écriture par leurs répétitions. Il adopte la technique de l'automatisme des surréalistes en la poussant beaucoup plus loin. Son écriture de signes, issue de taches, capte instantanément le mouvement. Dans ses grandes peintures à l'encre de Chine (1959), les signes atteignent leur plus forte expression. Tracés rapidement, ils envahissent l'espace à la façon du "all over". Dès cette époque, Michaux combinera plusieurs techniques (aquarelle, gouache, lavis, encre...). Cette œuvre originale témoigne de la recherche d'un langage plus profond. Ses propres écrits et critiques constituent une source essentielle d'information ("Emergences Résurgences", 1972). Importante rétrospective à Tokyo en 1983.
Redacteur
- Rouffin, Christine
Collecties
- Koninklijke Musea voor Schone Kunsten van België (Brussel)
- Centre Georges Pompidou (Paris)
Bibliografie
- R. Bertelé, Henri Michaux. Une étude, un choix de poèmes et une bibliographie, Paris, 1980.
- R. Bellour, Henri Michaux (Les cahiers de l'Herne), Paris, 1983.
- Henri Michaux. Rétrospective, cat. exp. M.N.A.M., Paris, 1978.