MANDIJN, Jan
(MANDYN, MADYNS)
Haarlem, vers 1500 - Anvers, vers 1560
Peintre de sujets religieux et de "diableries". Carel van Mander (1604) signale que Jan Mandijn était originaire d'Haarlem et peignait à la manière de Jheronimus Bosch. L'endroit et la nature de sa formation ne nous sont pas révélés, mais il est permis de croire que celle-ci s'effectua dans sa ville natale avant de s'installer à Anvers. Entre 1530 et 1557, les Liggeren de la gilde de Saint-Luc de cette ville mentionnent sept apprentis à son nom dont Jan van Elburght (1530), Aert de Loose (1543) et Bartholomeus Spranger (1557); il aurait également été le professeur de Gillis Mostaert. Jan Mandijn logea Pieter Aertsen à son arrivée à Anvers et en fit son compagnon; il aurait vraisemblablement eu une grande influence sur la formation de celui-ci. En 1542, ils effectuent tous deux une expertise de tableaux; dans l'acte notarié rédigé à cette occasion, Jan Mandijn déclare avoir quarante-deux ans. Par ailleurs, un autre acte de notaire nous apprend que Jan Mandijn avait réalisé en 1537 une œuvre sur cuivre qui lui avait été commandée par l'évêque de Dunkeld en Ecosse pour son mausolée. En 1549, il participa à la décoration des arcs de triomphe érigés lors de l'entrée solennelle de Philippe II. Il jouit à la fin de son existence d'une pension annuelle de la ville comme "stadtschilder". Son œuvre authentifiée est aujourd'hui encore peu abondante. Elle repose sur une analogie stylistique avec la seule composition munie d'une signature autographe, la "Tentation de saint Antoine" à Haarlem. Sur cette base, on lui attribue en outre, "Les épreuves de Job" (Douai), un "Saint Christophe" (Munich) et une "Tentation de saint Antoine" à Vienne. Son style se caractérise par une reprise du langage de Jhieronimus Bosch, mais dans une formulation plus réaliste, tant dans le sens de l'espace que dans les types de personnages, ce qui l'éloigne des formes et de la facture épurée de celui-ci. Il use d'une matière picturale fluide et sa palette est d'une chaude tonalité avec une prédilection pour une teinte riche en nuances de brun, de rouge et d'ocre jaune. Actuellement une hypothèse existe selon laquelle le Maître de Paul et Barnabé, un collaborateur de Jan Sanders de Hemessen, serait identique à Jan Mandijn. J. Bruyn signale cependant qu'il aurait pu exister deux artistes du nom de Jan Mandijn à Anvers à cette époque : l'un, originaire d'Haarlem et auteur de diableries, et l'autre, peintre de sujets religieux.
Redacteur
- Bodson, Bernadette
- Mund, H
Collecties
- Museum voor Schone Kunsten (Douai)
- Frans Halsmuseum (Haarlem)
- Alte Pinakothek der Bayerischen Staatsgemäldesammlungen (München)
- Kunsthist. Mus. (Wenen)
Bibliografie
- P. Rombouts et T. van Lerius, Les Liggeren (...), I, Anvers-La Haye, 1864-1876, pp. 116, 121, 135, 140, 146, 151, 206.
- L. van Puyvelde, La peinture flamande au siècle de Bosch et Brueghel, Paris, 1962, pp. 69-72.
- J. Bruyn, De meester van Paulus en Barnabas (Jan Mandijn?) en een vroeg werk van Pieter Aertsen, in Rubens and his World, Anvers, 1985, pp. 17-29.