MAÎTRE DE LA LÉGENDE DE SAINTE MADELEINE

(MAÎTRE DE LA LÉGENDE DE SAINTE MARIE-MADELEINE, MAÎTRE DE LA LÉGENDE DE LA MADELEINE)
Actif à Bruxelles, vers 1490 - 1525/1535


Peintre anonyme dont le nom de convention fut donné par M.J. Friedländer en 1900. En 1927, Jeanne Tombu reconstitue le triptyque démembré de la "Légende de sainte Marie-Madeleine", qu'elle situe vers 1518 : le panneau central est formé par "Le repas chez Simon" (Budapest, Szépmüvészeti Muz.) et "La résurrection de Lazare" (Copenhague, Statens Mus. for Kunst); les volets intérieurs représentent à gauche, "Sainte Madeleine à la chasse" (ancienn. Berlin, Kaiser Friedrich mus., détruit en 1945) et à droite, "La prédication de sainte Madeleine" (Philadelphie, John G. Johnson Coll.); enfin, les deux volets extérieurs figurent la scène du "Noli me tangere" ainsi que les donateurs, dont les noms nous sont inconnus (Schwerin, Staatl. Mus.). Le style de ce triptyque est linéaire et décoratif : étalement des plans et simplification des volumes, visages stéréotypés, paysages composés de rideaux de verdure, chemins aux bords effrités et parsemés de cailloux. Les couleurs sont opaques, sans modulation, et de nombreux rehauts graphiques décrivent quantité de détails décoratifs. Le catalogue des peintures attribuées au maître, dont le point de départ est ce triptyque reconstitué, est très fourni, difficile à cerner et à classifier. L'évolution de l'œuvre passe de la tradition archaïsante marquée par R. van der Weyden, telles de nombreuses "Vierge à l'Enfant", à un style plus personnel influencé par l'italianisme de B. van Orley, auquel appartiennent le triptyque de la "Légende de sainte Marie-Madeleine", "l'Offrande et culte des reliques de saint Rombaut" (Malines, St-Romboutkath.), les volets du "Triptyque de la Toison d'Or" (Amsterdam, Rijksmus.), "La sibylle de Tibur" (Bruxelles, M.R.B.A.B.). A cela s'ajoute une importante production stéréotypée de portraits de cour les uns restés anonymes, les autres représentant "Marguerite d'Autriche" (Paris, Louvre), "Jean de Luxembourg" (Bruxelles, M.R.B.A.B.). Une étude complète des nombreuses attributions, assez disparates, reste encore à faire. Néanmoins, les caractéristiques stylistiques et les influences reçues, l'identification de certains donateurs et la participation du peintre avec d'autres maîtres bruxellois (le Maître de la Légende de sainte Catherine, le Maître de la Légende de sainte Barbe, le Maître des Portraits princiers et le Maître au Feuillage en broderie) à l'exécution du “Triptyque des Miracles du Christ" (Melbourne, Nat. Gall. of Victoria), permettent de situer la carrière du Maître de la Légende de sainte Madeleine dans le milieu bruxellois, vers 1490 jusque vers 1525-1535. Plusieurs auteurs ont tenté de l'identifier : M.J. Friedländer, à Pierre van Coninxloo, parent de Bernard van Orley, qui fut entre autres peintre à la cour de Philippe le Beau à Bruxelles; G. Hulin de Loo (cité par Tombu), à Beernaert van der Stockt, fils du peintre de la ville de Bruxelles, Vrancke van der Stockt; S.M. Bailey, à Jan van Coninxloo de Bruxelles.

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