MAÎTRE AU FEUILLAGE EN BRODERIE

Actif à Bruxelles, fin du XVe siècle


Peintre anonyme bruxellois, actif autour de 1495-1500. Son nom de convention, donné par M.J. Friedländer, évoque l'exécution quasi mécanique des feuillages par petites touches lumineuses en relief, rappelant les points de broderie. Ses tableaux de madones s'inspirent de compositions de R. van der Weyden. Trois versions similaires présentent la Vierge tenant l'Enfant assis sur ses genoux et jouant avec les pages du livre sacré : la "Vierge à l'Enfant dans un jardin" (coll. priv.), le triptyque de la "Vierge à l'Enfant entourée d'anges" (Lille, M.B.A.) et la "Vierge à l'Enfant" (Philadelphie, John G. Johnson Coll., vers 1510-1520). Les principales autres attributions retenues sont le revers du volet droit du "Triptyque des Miracles du Christ de Melbourne" (autour de 1495), le "Triptyque de Polizzi Generosa" (avant 1496) et la "Vierge et Enfant entourée d'anges" de l'ex-collection Groz (Paris, Louvre). Dans ces deux dernières œuvres, une influence de H. van der Goes se fait sentir. L'aspect anecdotique de la scène prime sur sa valeur spirituelle. Le soin apporté à l'exécution du paysage, spécialement les arbres aux frondaisons stylisées s'étageant en lignes régulières, aux troncs droits et lisses, le souci du détail décoratif (paon, fleurs, chaumière), la position penchée de la tête de la Vierge, aux yeux cachés par de lourdes paupières, l'étalement des drapés au dessin répétitif sont des caractéristiques récurrentes dans les tableaux du maître. L'aspect de détente des compositions, qui procèdent par plans parallèles au spectateur, dénote une influence de l'école brugeoise de peinture. E. de Callatay en 1972 suggère que le maître se serait spécialisé dans la représentation des paysages qu'il aurait exécutés aussi dans des œuvres de collaboration avec d'autres maîtres bruxellois tel le Maître de la Légende de sainte Barbe et le Maître de la Légende de sainte Catherine.

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