BENING, Simon

Gand, vers 1483 - Bruges, 1561


L'enlumineur le plus important des Pays-Bas méridionaux au XVIe siècle, S. Bening appartient à l'école dite ganto-brugeoise. Fils de l'enlumineur A. Bening, il connaît une longue et brillante carrière. En 1500, son nom apparaît pour la première fois, à Bruges. Ce n'est qu'en 1508 qu'il entre à la gilde de Saint-Jean et de Saint-Luc de cette ville. Sans doute avait-il quitté Bruges durant cette période. En 1514, 1516 et 1517, il est à Anvers. A partir de 1516, il est régulièrement cité dans les registres de la gilde de Bruges dont il est le doyen en 1524, 1536 et 1546. Ses œuvres ne sont pas seules à témoigner de son rayonnement. Il apparaît aussi dans divers documents permettant d'établir qu'il a régulièrement reçu d'importantes commandes non seulement aux Pays-Bas, mais aussi à l'étranger. Une enluminure représentant un "Calvaire", peinte dans un missel vers 1530, a constitué la base de l'étude de son œuvre. Hélas, cette pièce, jadis conservée aux Archives communales de Dixmude, a disparu au cours de la Première Guerre mondiale. J. Destrée, le premier, établit un rapport entre ce "Calvaire" et diverses miniatures de même sujet reprises dans plusieurs livres d'heures dus à S. Bening. La plupart des œuvres qui lui sont attribuées datent de 1520 à 1540. Il faut citer entre autres son importante contribution à l'enluminure du "Breviarium Grimani" (Venise, Bibl. Marciana, lat. XI, 67) et du "Livre d'heures du cardinal Albrecht de Brandenburg" (Malibu, J. Paul Getty Mus., Ludwig IX 18). S. Bening traite l'enluminure comme un tableau en soi, fortement charpenté et d'une singulière splendeur, que peu ont imitée, intégrant les recherches spatiales des peintres flamands du XVe siècle. Il transforme radicalement l'ornementation des bordures : à la décoration réaliste de fleurs et de petits animaux de ses débuts, il substitua ultérieurement une baguette dorée, sobre, qui entoure la miniature.

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