GALLAIT, Louis
Tournai, 1810 - Bruxelles, 1887
Peintre d'histoire, de portraits et de scènes de genre, aquarelliste et lithographe formé au dessin, dans un parfait esprit néo-classique, à l'académie de sa cité natale par C. Cels et surtout par P.A. Hennequin. Celui-ci l'initie à la peinture en son atelier. "La mort d'Epaminondas" (Tournai, M.B.A.) s'inscrit dans cette austère tendance davidienne. En 1832, "Le denier de César" (Gand, M.S.K.) vaut au jeune artiste une première médaille d'or et décide d'un bref séjour à Anvers - où il rencontre G. Wappers et découvre Rubens. En 1833, il y peint "La guérison de l'aveugle-né" (Tournai, cath.) dont le succès au salon de Bruxelles détermine son départ pour Paris. Gallait s'affirme progressivement par ses participations aux salons comme l'une des figures majeures de la peinture belge. Son romantisme du juste milieu s'annonce déjà dans le "Serment de Vargas" (Londres, Wallace Coll.), salué par un critique comme le "noble début d'un talent belge qui sera français dans un an !" "L'abdication de Charles Quint" (Tournai, M.B.A.), vaste composition exposée à Paris au salon de 1841, établit la réputation européenne de l'artiste et précipite son retour à Bruxelles. Diplômes, médailles, banquets et cantates sanctionnent alors le triomphe de Gallait dans l'Europe entière. Le "génie" n'entendra-t-il pas cette strophe lyrique : "Environné de la plus noble histoire, le jour approche où ton nom immortel... Se trouvera buriné par l'Histoire... Entre Poussin, Rubens et Raphaël !" Le roi Louis-Philippe lui commande une grande composition, livrée en 1847, "Le couronnement de Baudouin de Constantinople" (Versailles, château, salle des Croisades). En 1848, à propos des "Derniers moments du comte d'Egmont" (Berlin, Staatl. Mus.), Victor Joly écrivait : "c'est la fraîcheur flamande réunie à l'éclat sauvage et à l'énergie d'un Vélasquez". La même année, le roi Léopold II achète une "Tentation de saint Antoine" (Bruxelles, coll. roy.). En 1851, "Les derniers honneurs rendus aux comtes d'Egmont et de Hornes" (Tournai, M.B.A.) atteste toute la maîtrise de Gallait au sommet de son art, contrôlant l'émotion réelle que traduisait pourtant son "Etude d'un décapité" (Bruxelles, M.R.B.A.B., dépôt Tournai, M.B.A.). Le peintre d'histoire, fidèle à ses convictions, réalise tardivement pour l'hémicycle du Sénat une quinzaine de portraits historiques et achève, en 1882, "La peste à Tournai en 1092" (Tournai, M.B.A.). Cette immense composition entreprise quelque quarante années plus tôt, cible des critiques modernistes et succès populaire incontestable, résulte, comme toute sa production de peintre d'histoire, d'une gestation consciencieuse basée sur de multiples croquis préparatoires (Tournai, M.B.A.). Gallait produit aussi pour les collectionneurs de l'Europe entière des petits tableaux de genre à la poétique doucereuse, comme "Art et Liberté" ou "La chute des feuilles" (Bruxelles, M.R.B.A.B.) ou encore "Prière du soir" (Berlin, Staatl. Mus.). Il poursuit simultanément une féconde et lucrative carrière de portraitiste dont de bons exemples sont visibles à Bruxelles (M.R.B.A.B. et Banque nat.) et à Tournai, dans la vaste salle du musée des beaux-arts où se trouve, avec l'essentiel de son œuvre, le "Portrait du colonel Hallart", une toile de 1854, incontestable réussite d'audace et de distinction, le chef-d'œuvre de Gallait dans le domaine du portrait romantique.
Redacteur
- le Bailly de Tilleghem, Serge
Collecties
- Staatliche Museum zu Berlin (Berlijn)
- Senaat (Brussel)
- Wallace Collection (Londen)
- Kathedraal (Doornik)
- Musée national du Château (Versailles)
- Museum voor waalse kunst (Luik)
- Musée des Beaux-Arts de Tournai (Doornik)
- Koninklijke Musea voor Schone Kunsten van België (Brussel)
- Museum voor Schone Kunsten (Gent)
Bibliografie
- S. Le Bailly de Tilleghem, Louis Gallait (1810-1887). La gloire d'un romantique, Bruxelles, 1987.