DEGOUVE DE NUNCQUES, William
Monthermé/France, 1867 - Stavelot, 1935
Peintre et dessinateur originaire des Ardennes françaises, Degouve de Nuncques descend d'une grande et vieille famille de la noblesse où les arts furent toujours à l'honneur. Un de ses oncles fut préfet de la Seine, un autre conservateur au musée de Valenciennes et protecteur du sculpteur Carpeaux. Degouve voue une très grande admiration à son père, esprit très cultivé, qui l'initie non seulement à l'art et à la littérature, mais aussi à la philosophie, aux sciences et à la musique. Il est âgé de trois ans seulement, lorsque ses parents décident de s'installer en Belgique, à Spa d'abord, à Bruxelles ensuite. Encouragé par son père, William prend, dès l'enfance, l'habitude de consacrer son temps à rêver de la vie et à écouter ses émois. Pendant quelques mois, il suit les cours de l'académie, mais renonce rapidement à cet enseignement. C'est en autodidacte qu'il aborde la peinture. "Je me suis mis à dessiner et à peindre, subissant l'attirance de la vie à la campagne sans maître, sans conseils comme sans influences, ce fut la priorité laissée à l'instinct, le plaisir de demeurer délibérément soi." En 1883, il se lie d'amitié avec le peintre hollandais J. Toorop avec qui il partage un atelier à Machelen. Celui-ci l'initiera aux secrets du métier. Une amitié plus profonde encore va le lier à H. de Groux. Les deux artistes cohabitent un certain temps et posent l'un pour l'autre. C'est Degouve qui servira de modèle à H. de Groux pour la figure du Christ dans son célèbre "Christ aux outrages". Fort des conseils de ses amis qui l'orientent vers le symbolisme, Degouve est désormais mûr pour accomplir sa destinée. Soutenu par Rodin, il expose pour la première fois en 1890, à Bruxelles, et montre au salon de Paris de 1894 "Place du Warichet à Perwez" (1889), toile qui trouve immédiatement acquéreur. Le 30 octobre 1894, il épouse Juliette Massin, peintre de talent et belle-sœur du poète E. Verhaeren, qui l'introduit auprès des poètes symbolistes de La Jeune Belgique. A Bruxelles, il est lié avec E. Demolder, E. Verhaeren et M. Maeterlinck; à Paris, il rencontre Puvis de Chavannes et M. Denis. Cherchant sa voie, Degouve fait de nombreux voyages à l'étranger : Italie, Autriche, Suisse, Allemagne et France ("Escalier vénitien", Otterlo, Kröller Müller). De 1900 à 1902, il vit aux îles Baléares ("Tempête à Majorque", 1900, Bruxelles, M.R.B.A.B.) Pendant la guerre de 1914-1918, la Hollande l'accueille. Il revient ensuite à Bruxelles, mais, en 1919, il perd sa femme et son désespoir est tel qu'il provoque l'arrêt complet de sa production pendant trois ans. Il s'installe à Stavelot, qu'il ne quittera plus, et y retrouve le goût de vivre grâce à l'amitié dont l'entoure sa deuxième compagne, Suzanne Poulet, qu'il épouse en 1930. Se remettant doucement à la peinture, il se consacre exclusivement aux paysages de l'Ardenne ("Le dégel à Stavelot", Verviers, M.B.A.). Sa période symboliste, de 1892 à environ 1900, est marquée par un climat étrange qui préfigure le surréalisme ("La Maison rose", 1982, Otterlo, Kröller Müller; "Les paons", 1896, Bruxelles, M.R.B.A.B.). Plus encore que la peinture à l'huile, le pastel fut le moyen d'expression privilégié de Degouve.
Redacteur
- Ollinger - Zinque, Gis
Collecties
- Groeningemuseum (Brugge)
- Belgische Staat (Brussel)
- Mus. de l’Ecole de Nancy (Nancy)
- Rijksmuseum Kroller-Muller (Otterlo)
- Mus. Cau Ferrat. (Sitges)
- Museum van Elsene (Elsene (Brussel))
- Koninklijke Musea voor Schone Kunsten van België (Brussel)
- Museum voor Schone Kunsten (Gent)
Bibliografie
- L. et P. Haesaerts, William Degouve de Nuncques, Bruxelles, 1935.
- A. De Ridder, William Degouve de Nuncques, Bruxelles, 1957.
- G. Ollinger-Zinque, William Degouve de Nuncques, peintre de rêve, in William Degouve de Nuncques et les intimistes verviétois, cat. exp., Stavelot, 1990, pp. 19-23.