DE CRAYER, Gaspar
(CRAEYER) (Jaspar)
Anvers, 1582 - Gand, 1669
Peintre d'histoire, de scènes religieuses et allégoriques et de portraits. Elève de R. Coxcie à Bruxelles, G. de Crayer est reçu franc-maître, en 1607, dans la corporation des peintres de cette même ville. Il forme de nombreux élèves et est doyen de la gilde de 1614 à 1616. Il entretient des relations avec l'archevêque de Malines Boonen qui lui procure de nombreuses commandes pour l'abbaye d'Afflighem au cours des années 1620-1630. Archer de la garde noble de l'infante Isabelle, il participe en 1635, à Gand, à la décoration de la Joyeuse Entrée du cardinal-infant Ferdinand dont il sera peintre de cour de 1635 à 1641. Nommé peintre du roi, attaché au service de l'archiduc Léopold-Guillaume, il exécute également quelques travaux pour Philippe IV d'Espagne. A partir de 1664, il s'installe à Gand et devient membre de la gilde de Saint-Luc. Parmi les nombreux élèves qu'on lui attribue, il faut citer A. van den Heuvel, A. van Hulle et N. de Liemaecker.G. de Crayer est l'un des meilleurs épigones de P.P. Rubens, dont l'étude et le corpus ont fait l'objet des brillantes recherches de H. Vlieghe. Dans sa production fort abondante, qui eut à l'époque une grande renommée, les emprunts faits au maître anversois et à A. van Dyck sont habilement intégrés à ses propres compositions, mais perdent parfois de leur vigueur et de leur dynamisme comme en témoigne le "Martyre de sainte Catherine" (vers 1622) conservé de nos jours à Grenoble (Mus. de Peinture et de Sculpture). Imprégnées tout d'abord de réminiscences stylistiques du XVIe siècle, ses toiles sont, entre 1619 et 1630, marquées par l'expérience rubénienne tant pour la forme que pour la couleur que seule parfois l'opposition entre les bleus et les rouges personnalise. Par la suite, il y introduit émotivité, puisée essentiellement chez Van Dyck, et dynamisme. Au cours des années 1638 à 1648, ses compositions telles "La pêche miraculeuse" (1643, Bruxelles, M.R.B.A.B.) acquièrent une plus grande unité. A partir de 1644, même si l'on décèle encore quelque évolution au niveau de l'expression des sentiments et d'un retour au classicisme, on constate une diminution de la qualité picturale, peut-être due à l'intervention d'élèves et de disciples dans la réalisation de certaines œuvres.
Redacteur
- Fornari, Bruno