COUSTAIN, Pierre

(CONSTANT, CONSTEYN, COSTAIN, COUSTEYN, COUSSTEYNS) (Perrenot, Pieter, Pietre, Peter)
?, 1420/1425 ? - Bruges ?, avant 1497 (1488 ?)


Peintre originaire de Bourgogne et au sujet duquel de nombreux documents d'archives sont encore inédits. A deux reprises, en 1448 et en 1452, les comptes enregistrent des payements faits à Coustain pour avoir renouvelé certaines parties des figures des verrières de la chapelle du château ducal d'Argilly en Bourgogne. La forme diminutive "Perrenot" donnée à son prénom dans le premier document, laisse supposer que Coustain était en 1448 un jeune peintre à ses débuts. Dès janvier 1454, il fut peintre et valet de chambre de Philippe le Bon. Les successeurs du duc l'ont maintenu dans cette fonction. Son origine bourguignonne est bien établie et peut-être descend-il du verrier Simon Costain, actif à Dijon au milieu du siècle précédent. Des documents de Bruges et de Bruxelles ont quelquefois flamandisé son nom. De là est née l'erreur de ceux qui l'ont cru flamand. D'autres Coustain ont occupé des fonctions de confiance dans l'entourage de Philippe le Bon. Certains d'entre eux ont été anoblis. Il y a de fortes présomptions que Pierre Coustain leur soit apparenté. Ayant obtenu de Charles le Téméraire l'office de châtelain d'Argilly et de procureur de la gruerie de ce lieu, le peintre donna procuration à Charles Faultrey pour exercer ces fonctions à sa place. A la fin de sa vie, il obtint aussi la conciergerie de l'Hôtel vert, la résidence ducale à Bruges. Le fait que son neveu André Coustain, dit Gosset, peintre à Bruxelles (mentionné aussi comme Andries Gousset), soit cité comme son héritier, donne à penser que Pierre Coustain n'a pas eu d'enfant légitime lui ayant survécu. Par contre, Lion et Jean Coustain, sont mentionnés à Bruxelles comme ses enfants naturels. Jean (Janne) était également peintre. Ces derniers et André Coustain, alias Gosset, sont peut-être ces "enfants et héritiers de feu Pierre Coustain" dont un document de 1502 révèle qu'ils cherchèrent à faire valoir des droits sur certaines peintures se trouvant à l'Hôtel vert à Bruges.Ses obligations de peintre en titre retinrent Coustain la plupart du temps dans l'entourage du duc et surtout à Bruges et à Bruxelles. Il voyagea beaucoup en suivant la cour ou en exécutant diverses missions. Coustain participa à l'exécution, mais aussi à l'élaboration et à la direction de décors de célébrations ou de fêtes importantes (banquet du faisan 1454, chapitres de l'Ordre de la Toison d'Or, mariage de Charles le Téméraire en 1468, Joyeuse Entrée de Marie de Bourgogne à Bruges). Il exécuta des blasons et autres peintures servant à bien des cérémonies funéraires, dont celles de Philippe le Bon (1467), de Jacques de Bourbon (1468), de Catherine de Bourbon, épouse d'Adolphe de Gueldre (1469), de Charles le Téméraire (1477), de François d'Autriche (1481) et de Marie de Bourgogne (1482). Il intervint dans les projets et l'exécution de certains aménagements ou décors dans les résidences ducales, par exemple au palais du Coudenberg à Bruxelles (1461/1462) et aux galeries de Hesdin (1474). Il exécuta, entre autres à Bruxelles et à Bruges, la polychromie de sculptures, dont certaines avaient été réalisées d'après les patrons qu'il avait fournis. Il peignit des meubles, des chariots, des tableaux d'armoiries, des cottes d'armes, ainsi que d'innombrables étendards et enseignes pour la cour, les armées et les navires du duc. Ces travaux, ainsi que les décorations de fêtes auxquelles il a contribué, impliquaient souvent des représentations de figures, telles que, par exemple, celle d'une belle cavalière, "van eene scoone maecht te paerde", qu'il peignit lors de la Joyeuse Entrée de Marie de Bourgogne à Bruges en 1477.Pour les commandes et entreprises importantes, il travailla souvent en association avec Jean Hennequart. Celui-ci, décédé avant ou en 1479, était également peintre et valet de chambre de Charles le Téméraire. Coustain travaillait avec plusieurs serviteurs ou aides. L'un de ceux-ci, Jean de Hervy de Valenciennes, se fit admettre bourgeois de Bruges et membre de la corporation des peintres de cette ville, suite au litige qui l'opposa, lui et son maître, aux doyen et jurés de la corporation. Ces derniers n'admettaient pas que Coustain et son aide exerçassent leur métier à Bruges sans être affiliés à la corporation. La sentence prononcée le 19 mars 1472 obligea De Hervy à se soumettre aux règlements corporatifs s'il voulait continuer à travailler à Bruges pour des particuliers. Coustain, par contre, demeurait exempté de ces obligations comme peintre en titre du duc.Deux petits tableaux et un dessin conservés à Vienne (Kunsthist. Mus.) furent présentés parfois comme œuvres de Coustain ou comme copies d'œuvres perdues de Coustain. Il s'agit de deux portraits, l'un de Maximilien, en armure et à cheval, commémorant son entrée à Luxembourg le 29 septembre 1480, l'autre représentant son "maître des harnois", Albert May, à Namur le 13 du même mois. Ces attributions sont sans fondement. Les tableaux d'armoiries exécutés pour les chapitres de la Toison d'or de Bruges en 1468 et en 1478 (Bruges, respectivement O.L.V.-kerk et St-Salvatorskath.), de Bois-le-Duc en 1481 (Amsterdam, Rijksmus. et coll. priv.) sont des œuvres certaines de Coustain. Parmi les nombreux drapeaux provenant du butin des Suisses sur Charles le Téméraire, il s'en trouve sûrement qui furent exécutés par lui. A. Châtelet a proposé de reconnaître la main de Coustain dans quelques-uns d'entre eux dont le style accuse une provenance commune. On y trouve des figures de saints aux expressions inquiètes ou tourmentées. Le dessin nerveux aux lignes brisées des drapés de leurs manteaux ont les ombres marquées de hachures sombres et croisées (musées de Berne, Dijon, Saint-Gall et Soleure). Châtelet a rapproché ce groupe d'œuvres de la décoration de la chapelle de Châteauneuf en Bourgogne, comportant treize grandes figures du Christ et des apôtres, et d'une "Résurrection de Lazare" (Paris, Louvre), attribuée jadis à Nicolas Froment mais considérée plus tard comme œuvre d'un peintre néerlandais travaillant en France. Ces dernières propositions d'attribution à Coustain demeurent encore controversées.

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