CARLIER, Jean-Guillaume

Liège, 1638 - 1675


Peintre d'histoire et de portraits. L'existence, relativement courte, de cet excellent (le meilleur, selon beaucoup d'auteurs) peintre liégeois du XVIIe siècle reste très mal connue. Elève de Bertholet Flémal, il aurait collaboré à plusieurs tableaux de cet artiste. Il aurait également copié dans sa jeunesse diverses œuvres de Gérard Douffet, le fondateur de l'école liégeoise. Tous les auteurs répètent, sans fondement, que Carlier n'effectua pas le traditionnel voyage d'Italie. Pourtant, un séjour à Rome et à Naples n'est pas à exclure. Il ne semble pas en effet que son admiration pour Douffet suffise à expliquer la vigueur naturaliste, alors anachronique, de la quinzaine de tableaux connus. Aucun n'étant daté, l'évolution du peintre paraît bien difficile à percevoir. Ainsi, deux de ses plus anciens tableaux, le "Baptême du Christ" (Liège, cath. St-Paul) et la "Guérison du possédé" (Mayence), deux pendants, accusent des expériences bien différentes : presque strictement caravagesque (voire de tempérament napolitain) dans le premier cas, plus proche des tendances françaises classicisantes alors à la mode dans le second. Il semble que Carlier allie par la suite une grande puissance d'expression à un art plus pondéré, issu de l'expérience française de Bertholet Flémal, comme dans le "Martyre de saint Denis" (disparu sur le chemin de la France à la Révolution, mais connu par une esquisse aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique), "Saint Joseph adorant l'Enfant Jésus" (également à Mayence) ou encore deux pendants récemment restitués à l'artiste : le "Mariage mystique de saint Hermann-Joseph" (Liège, M.A.W.) et la "Vierge remettant à saint Norbert l'habit de son ordre" (Munich, A. Pin.). Dans ces deux petits chefs-d'œuvre, il atteint à un art plus consommé, plus pondéré, moins vigoureux. Il est alors au sommet de son art.

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