CAILLE, Pierre

Tournai, 1911


Peintre et sculpteur, dessinateur et graveur, scénographe et créateur de bijoux. En 1929-1930, il fréquente l'atelier de publicité de J. Minne à l'Ecole nationale supérieure d'Architecture et des Arts décoratifs de La Cambre (Bruxelles), où il retourne de 1938 à 1941 en tant qu'élève libre. En 1926, il se lie d'amitié avec le sculpteur tournaisien Georges Grard, et plus tard avec Charles Leplae et Paul Delvaux. Professeur de céramique à l'école de La Cambre de 1949 à 1976, il reçoit de nombreux prix en Belgique et à l'étranger (e.a. prix Rubens, 1935; prix de l'exposition universelle de Bruxelles, 1958; prix international de Syracuse, New York, 1959). Membre des Compagnons de l'art (1945), de l'académie Picard (1957-1960 ?), de l'Académie royale de Belgique (Classe des Beaux-Arts) (1975). Remarqué par l'architecte et peintre belge Henry van de Velde pour ses premières gouaches et modelages peints, celui-ci l'oriente vers la céramique et l'invite à l'exposition des arts et techniques à Paris en 1937. Pierre Caille apparaît dès lors comme le pionnier de la sculpture en céramique belge. A partir de 1943, il conçoit de nombreux décors de théâtre ("Lorenzaccio" de Musset, "Intermezzo" de Giraudoux, "La matrone d'Ephèse" de Sion). En 1959, il réalise le décor du "Sacre du printemps" pour le ballet de Maurice Béjart. En 1953, il exécute des céramiques murales et des sculptures pour le casino d'Ostende. A partir des années soixante, Pierre Caille reprend ses pinceaux : dessins en couleur (1966) et premières peintures à l'acrylique (1970). Le bestiaire imaginaire de ce "pessimiste profond qui à chaque instant s'émerveille" (Pierre Caille à son propos), de cet "aristocrate méphistophélique du persifflage et de la moquerie" (P. Haesaerts), puise aux sources de tous les folklores, auxquels se mêlent "l'humour et la désinvolture" (P. Fierens). Des premières gouaches - clins d'œil à Edgard Tytgat et à James Ensor - aux dernières peintures, en passant par les grandes sculptures de bois peint, les êtres fantasques et d'apparence animale, les pantins, les objets anodins, souvent de couleurs très vives et réalisés grâce à des assemblages, persistent, par leur "familiarité de l'étrange" (P. Roberts-Jones, 1983) à ingénuement dérégler l'ordre du réel. Pierre Caille a participé à de nombreuses expositions personnelles et collectives en Europe (e.a. Biennale de Venise, 1962) et aux Etats-Unis.

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