VERHAGHEN, Pierre-Joseph

Aerschot, 1728 -Louvain, 1811


Peintre de compositions religieuses. Fils de Guillaume, chirurgien, receveur et échevin de la ville d'Aerschot, Pierre-Joseph Verhaghen présente des aptitudes précoces pour le dessin. Il fréquente l'académie d'Anvers dirigée par B. Beschey qui le sensibilise à l'art de P.P. Rubens et de l'école anversoise. Dès 1749, il s'établit à Louvain et, quatre ans plus tard, épouse Jeanne Hensmans qui lui donne sept enfants. Il y travaille en qualité de peintre décorateur. Parmi ses premières oeuvres, on trouve des copies de G. de Crayer à l'église Saint-Quentin de Louvain ainsi qu'une oeuvre originale, le "Purgatoire. La présentation au temple" (Gand, M.S.K.), signée en 1767 et destinée au couvent des dominicains à Gand, laisse présager ce que sera l'éclat de sa rhétorique sacrée. Peintre ordinaire de Charles de Lorraine (1771), il reçoit, cette même année, un subside de la cour impériale pour se perfectionner en Italie. Il part à Rome, via Paris, Versailles, Turin, Milan, Parme et Bologne, puis visite Naples et la Sicile. Après un séjour à Florence et à Venise, il se rend à Vienne où l'impératrice Marie-Thérèse l'honore par le présent d'une tabatière en or. Son voyage se termine en 1773, via Dresde, Leipzig et Düsseldorf. A son retour, jusqu'à la suppression des couvents par Joseph Il et la subséquente Révolution brabançonne (1789), des commandes affluent : dix grandes toiles (1774-1780) pour les abbayes norbertines du Parc et d'Averbode. "L'adoration des mages" et "L'Ascension" (Louvain, hôtel de ville) datent de 1781. Après la Révolution, il n'exécutera plus que des tableautins pour des particuliers. Malgré ses voyages (1771-1773), son oeuvre considérable, conservée en grande partie dans les abbayes du Parc et d'Averbode ainsi que dans les églises de Louvain et des environs est celle d'un passéiste fidèle à Rubens : syntaxe aux grandes orchestrations de formes et de couleurs rutilantes avec touche virevoltante rappelant parfois le brio d'un Tiepolo; vocabulaire dans le choix de personnages populaires d'allure truculente. Sa notoriété reste louvaniste et sa verve, rubénienne.

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