BRUEGHEL, Jan II
(BREUGHEL) dit le Jeune
Anvers, 1601 - 1678
Peintre de scènes mythologiques et allégoriques, de natures mortes, de paysages et de fleurs. Fils aîné de Jan I Brueghel et de sa première femme Isabelle de Jode. Initié au maniement des pinceaux dans l'atelier paternel, Jan II atteint ses quinze ans lorsque son père songe pour lui au voyage d'Italie. Parti en mai 1622, il est accueilli à Milan par le cardinal F. Borromée qui lui propose de l'héberger à Rome. Le jeune Jan, négligeant le vœu de son père et du cardinal de lui faire visiter Rome, puis l'Espagne et la France, quitte sans autorisation le service du prélat en 1623. On le sait à Gênes, chez ses parents et peintres Lucas et Cornelis de Wael, puis à Palerme et Malte. La mort inopinée de son père le 12 janvier 1625 le rappelle à Anvers. Il est inscrit la même année comme maître à la gilde de Saint-Luc et comme membre de la chambre de rhétorique attenante De Violiere. Il reprend la gestion de l'atelier paternel, alors à son apogée, et consigne ses activités dans un journal, malheureusement fragmentaire, entre 1625 et 1651. Celui-ci présente l'intérêt de mentionner ses œuvres et leur vente, en Espagne notamment. Il indique également que le peintre emploie de nombreux aides, dont beaucoup ne sont pas mentionnés dans les registres de Saint-Luc, et recourt à maints collaborateurs, notamment Hendrik van Balen, le plus souvent cité, et Abraham Janssens, dont il épousera la fille, Anna-Maria en 1636. P.P. Rubens, fidèle au souvenir de son ami Brueghel de Velours, honorera Jan le Jeune de son intervention dans un "Pan et Syrinx" (1626, perdu) et dans un "Christ chez Marthe et Marie", 1628, (peut-être identifié avec le tableau du même sujet conservé à la Nat. Gall. of Ireland à Dublin). Brueghel est promu doyen de la gilde de Saint-Luc en 1630/1631. S'il reprit et répéta tous les thèmes paternels (paniers, coupes, festons et guirlandes de fleurs, allégories, paysages...), il adopta également la formule du cartouche fleuri mise en vogue par D. Seghers. La facture soignée et l'application dans le rendu des formes témoignent de ce que le peintre œuvre avec lenteur et cependant, sans hésitations ni pénibles "repentirs". Jan II Brueghel mérite une meilleure place que celle qu'on lui accorde en général dans l'école flamande. Nombre d'œuvres jugées indignes du pinceau paternel lui ont été attribuées. S'il a suivi ce dernier, ce n'est pas en faible copiste mais avec un réel talent. Indépendant dès sa jeunesse en Italie, il a pu se libérer du goût d'une clientèle aimablement attardée pour adopter des formules nouvelles et y apporter un accent personnel. Sur les onze enfants qu'il eut, cinq fils furent peintres dont Abraham, le meilleur, Jan-Baptist et Jan Peter spécialistes de la nature morte, des fruits et de la fleur. Quant à Filips (né en 1635 ?) et Ferdinand (né en 1637), on ne connaît rien de leur œuvre.
Rédacteur
- Hairs, Marie-Louise
Collections
- Rijksmuseum (Amsterdam)
- Musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers (Anvers)
- Staatliche Museum zu Berlin (Berlin)
- Kunsthalle Bremen (Brême)
- Staatl. Kunstsmlg. (Dresde)
- Art Gallery (Glasgow)
- Alte Pinakothek der Bayerischen Staatsgemäldesammlungen (Munich)
- Nationalmus. (Stockholm)
- Kunsthist. Mus. (Vienne)
- Museo Nacional del Prado (Madrid)
Bibliographie
- M. Vaes, Le journal de Jan Brueghel II, in Bull. de l'Inst. hist. belge de Rome, IV, 1926-1927, pp. 163-224.
- J. Denucé, Brieven en Documenten betreffende Jan Brueghel I en II, Anvers, 1934, pp. 139-160.
- M. L. Hairs, Jan Brueghel le Jeune peintre de fleurs, in Rev. B.A.H.A., XXXVI, Bruxelles, 1967, pp. 57-74; in Bruegel. Une dynastie de peintres, cat. exp. Pal. B.A., Bruxelles, 1980, pp. 226-230, 238-243.
- K. Ertz, Jan Brueghel der Jungere. Die Gemälde mit kritischem Œuvrekatalog, Freren, 1984.
- M.L. Hairs, Les peintres flamands de fleurs au XVIIe siècle, Bruxelles, 1985, I, pp. 223-237 et II, pp. 15-17.