VAN SEVEREN, Dan
Lokeren, 1927
Formé à l'institut supérieur Saint-Luc de Gand, ainsi qu'à l'académie et à l'institut supérieur des beaux-arts d'Anvers. Professeur à Saint-Luc à Gand jusqu'en 1992. Depuis ses débuts, dans la seconde moitié des années cinquante, il s'en tient aux formes géométriques les plus élémentaires. Son travail consiste en une recherche des possibilités d'interaction des lignes de base de la peinture : l'horizontale, la verticale, la diagonale et - plus rarement - la ligne courbe. Au départ, les nuances de brun et de noir, ainsi que la manière de peindre relèvent de l'expressionnisme. Les quelques menus changements qu'a subis son œuvre, au cours des dernières décennies, consistent en une épuration de la matière. Ainsi, au début des années septante, la peinture à l'huile, grasse et tactile, fait place à des matières pauvres, telles que la détrempe à la caséine et l'encre. Le coloris, réduit à des nuances de gris, devient plus sobre. Ses sources d'inspiration sont diverses. Il semble tout particulièrement touché par le caractère statique de l'art byzantin et roman, ainsi que par les icônes qui atteignent au silence et au sentiment religieux à travers une tension picturale soutenue. De même, dans la tradition abstraite, il recherche avant tout l'aspect pictural. Ainsi dans l'œuvre de Malevitch, il apprécie davantage cet aspect que l'élément constructif. Dans ses propres toiles, les formes géométriques n'acquièrent jamais un caractère absolu : elle demeurent peintes. L'œuvre de Dan Van Severen est empreinte d'un sentiment religieux et mystique, que l'on ne saurait confondre avec la religiosité. Employée fréquemment, la croix est davantage une image universelle qu'il faut traiter comme un problème plastique, qu'un symbole chrétien. Ceci ne l'empêche toutefois pas de réaliser, en 1986, un "Chemin de croix" simple et impressionnant, dans lequel le numéro de la station est indiqué par le nombre de lignes verticales croisant la ligne horizontale. Ses œuvres doivent être vues tels des objets ascétiques de contemplation et de méditation, ne renvoyant qu'à eux-mêmes. Mentionné, en 1956, au prix Jeune Peinture belge. Il a été l'un des membres fondateurs de G58-Hessenhuis à Anvers. Il a pris part aux biennales de Sao Paulo (1967) et de Venise (1970), ainsi qu'à la Documenta IV de Kassel (1968). En 1984, il a remporté le prix triennal de la culture de la ville de Gand.
Rédacteur
- Tack, Eddy
Collections
- Musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers (Anvers)
- Musée Groeninge (Bruges)
- Crédit communal (Bruxelles)
- Etat belge (Bruxelles)
- Communauté flamande (VL) (Bruxelles)
- Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (Bruxelles)
- Musée d’art contemporain de Gand (Gand)
- Provinciaal Museum voor Moderne Kunst (Ostende)
Bibliographie
- Dan Van Severen. 1959-74, cat. exp. Pal. B.A., Bruxelles, 1974.
- J. Hoet et collab., in Dan Van Severen, cat. exp. Eindhoven/Gand/Amsterdam, 1982.