VAN RYSSELBERGHE, Théo

VAN RYSSELBERGHE Théophile, dit
Gand, 1862 - Saint-Clair/France, 1926


Peintre de portraits, figures et paysages. Elève de T. Canneel à l'académie de Gand, puis de J. Portaels à l'académie de Bruxelles. Peint à ses débuts des œuvres sombres de tradition romantique ou réaliste. Sa première exposition, à Gand en 1881, lui vaut une bourse de voyage qui lui est octroyée par l'administration communale. En compagnie de C. Meunier, il visite l'Espagne et le Maroc. D'un second voyage au Maroc, en 1883-1884, il ramène la "Fantasia" (Bruxelles, M.R.B.A.B.). Impressionné par la lumière d'Afrique, sa palette s'éclaircit. En 1883, il fonde, avec entre autres J. Delvin, J. Ensor, G. Vogels et O. Maus, le cercle des XX et y expose chaque année jusqu'à la dissolution du groupe en 1893. Il y rencontre notamment J. Whistler dont l'influence se fait sentir dans ses portraits d'"Octave Maus" (1885, Bruxelles, M.R.B.A.B.) et de "Marguerite Van Mons" (1886, Gand, M.S.K.). En 1886, en compagnie d'E. Verhaeren, il se rend à Paris et y découvre le néo-impressionnisme, plus spécialement l'œuvre de Seurat qui expose le "Dimanche à la Grande Jatte". D'abord réticent devant cette nouvelle tendance, après quelques timides essais il en devient, dès 1888, un fervent adepte, le premier en Belgique. Il sera le seul néo-impressionniste à soumettre l'art du portrait aux lois du divisionnisme. Ses personnages n'auront toutefois ni la rigidité ni la froideur de ceux de Seurat et n'en seront que plus vivants. De 1890 à 1906, il expose régulièrement à Paris au Salon des Indépendants, fondé dès 1884 par Seurat, Signac et Cross. En 1898 il se fixe définitivement à Paris, où le rejoint bientôt E. Verhaeren. Il continue à exposer régulièrement à Bruxelles aux salons de La Libre Esthétique, cercle qui avait pris la relève des XX. Dès 1900 cependant, sous l'influence sans doute de ses amis nabis - M. Denis, Vuillard et Bonnard - mais aussi du fauvisme, il prend ses distances vis-à-vis du néo-impressionnisme. De 1903 date son œuvre capitale "Une lecture" (Gand, M.S.K.) qui réunit autour de Verhaeren quelques amis du peintre. Œuvre charnière entre deux périodes - inspirée peut-être de l'"Hommage à Cézanne" peint par M. Denis en 1900 -, on y décèle l'abandon progressif d'un procédé trop méthodique pour une facture plus large, plus libre, mais restée fidèle à la peinture claire. Les œuvres des vingt dernières années - quelques nus, de nombreux portraits, des vues de Provence où il réside fréquemment et des marines de la Côte d'Azur - dénotent un retour vers un style plus académique. Comme le peintre le déclare lui-même, pour réagir contre ce qu'il trouve d'un peu dépouillé, d'un peu grêle dans sa peinture pointilliste, il cherche plus de consistance, plus de force, plus de volume, sans négliger la recherche dans la couleur des jeux de lumière. Van Rysselberghe a gravé aussi une trentaine d'eaux-fortes et modelé quelques sculptures, notamment un "Buste d'André Gide". On lui doit aussi d'admirables dessins qui évoquent tout autant l'art d'un Seurat que celui d'un X. Mellery. Avec H. Van de Velde, il participa au renouveau des arts décoratifs en Belgique, créant des projets de mobilier, de bijoux, des affiches. On retiendra surtout ses illustrations et ses décors calligraphiques, notamment pour les poèmes d'E. Verhaeren. Il fut élu membre associé de l'Académie royale de Belgique.

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