VAN LINT, Louis

Bruxelles, 1909 - 1986


Etudie à l'académie de Saint-Josse-ten-Noode. Membre fondateur des groupes La Route libre (1939), Apport (1941) et la Jeune Peinture belge (1945), il collabore à des manifestations du groupe Cobra (1948-1951). Sa peinture développe alors quelques analogies avec ce mouvement : impulsivité, spontanéité et poésie de l'écriture. Il participe aussi au groupe Espace. D'abord animiste et expressionniste agressif, Van Lint s'oriente vers la non-figuration (1948). Après l'expérience de 1952 à 1954 de la géométrie pure qui lui apprendra une autre manière d'agencer les plans et un sens nouveau de l'économie des effets, il revient à l'abstraction lyrique. La nature est la source privilégiée de son inspiration. Le monde, les formes organiques, sa collection d'outils, parfaitement assimilés, décantés, resurgissent au détour d'une œuvre. Transcendés, il n'en reste que le souvenir d'une volute ou l'impression d'une forme acérée. La recherche du plan et de l'espace est menée à travers une virtuosité technique - qui confine parfois à l'élégance suprême - ainsi qu'à travers la réalisation de la symbiose forme/couleur. La forme prend sa source dans la nature, tandis que les couleurs, choisies instinctivement, naissent d'une impulsion immédiate, d'une succession d'instants privilégiés. Van Lint ne bannit aucune teinte de sa palette, au contraire, et il en élit une : le blanc, couleur profonde et somptueuse, " elle équivaut au vide en sculpture, au silence en musique, en peinture, elle est une respiration ". C'est une matière nourrie, un travail dans la pâte qui distingue les œuvres du début et l'écriture tendue et saccadée qui les caractérise ne tardera pas à s'épanouir en arabesques souples. La matière s'allège, devient fluide et mobile et par superposition, affleurement, transparence, la couleur anime la surface de l'œuvre (peinture ou aquarelle).

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