VANDEN EECKHOUDT, Jean

Bruxelles, 1875 - Bourgeois-Rixensart, 1946


Peintre de portraits, de figures, de natures mortes et de paysages. Petit-fils de F. Verheyden et neveu d'I. Verheyden dont il épousera la fille en 1898, il se passionne très tôt pour les arts. Il travaille dans l'atelier de son oncle où il rencontre à la fois les maîtres de la Société libre des Beaux-Arts, les membres du Cercle des XX et C. Meunier qui le pousse à entrer en 1890 dans l'atelier libre du peintre français Blanc-Garin établi à Bruxelles. Il s'y lie d'amitié avec H. Evenepoel. Il expose pour la première fois en 1892 au Salon triennal de Gand, trois portraits. A partir de 1895, il participe aux salons annuels de La Libre Esthétique; il y devient l'ami de G. Morren, V. Rousseau et A. Zimmer. Ses débuts sont marqués par l'influence d'H. De Braekeleer et I. Verheyden, dans des marines et des paysages parfois ponctués de figures rustiques, et des portraits réalistes. Dès 1905, il se partage entre Menton l'hiver et la Belgique l'été. Découvrant la nature et la lumière méditerranéennes, il adopte la touche divisée et la palette claire des impressionnistes ("Au jardin", 1906, Bruxelles, M.R.B.A.B.). Il aborde dès 1913 une période fauve et il renonce à la fragmentation de la touche, optant pour des motifs extrêmement colorés, des tons purs et intenses appliqués par larges surfaces continues ainsi que des harmonies souvent hardies ("Citrons et palmes", 1913, Bruxelles, M.R.B.A.B.). Dès 1920, il substitue aux couleurs exubérantes des teintes plus sobres et privilégie la forme, l'équilibre et l'harmonie des grandes surfaces colorées. Installé à Rocquebrune, il s'imprègne de l'architecture du pays, qu'il transcrit dans des paysages aux structures géométriques, et aux formes simples. Ses portraits gagnent en monumentalité sans perdre leur intensité ("Jeanne assise", 1921, Liège, Mus. Parc Boverie - "Portrait de famille" dit "Le chapeau mexicain", 1922, Bruxelles, M.R.B.A.B.). Les natures mortes sont largement modelées dans la couleur. Il quitte Bruxelles et s'installe définitivement à Rocquebrune en 1926. Il tente de faire la synthèse de ses expériences passées et retourne à un réalisme hautement idéalisé, où s'opère la synthèse de la couleur, de la lumière et de la forme. Les paysages ("Maison dans un bois de pins", s.d., Bruxelles, Crédit comm.; "Deux oliviers", 1930, Bruxelles, B.B.L.; "La place d'Ohain/le porche d'Ohain", 1939, Bruxelles, M.R.B.A.B.) expriment plus la vie sensible. Il s'attache au rendu des matières, à la beauté formelle des choses dans ses nombreuses natures mortes. Rentré définitivement en Belgique en 1937, il se fixe à Bourgeois-Rixensart et se tourne vers le portrait, explorant la nature humaine et exprimant la vie profonde du personnage ("Portrait du peintre et de sa femme", 1946, Bruxelles, M.R.B.A.B.). Six semaines après sa mort, eut lieu à la galerie Georges Giroux à Bruxelles une exposition rétrospective de cent quarante œuvres, préparée par l'artiste. D'autres rétrospectives ont été présentées, notamment en 1973 aux musées royaux des beaux-arts de Belgique à Bruxelles et en 1984 à l'hôtel de ville.

Rédacteur

Collections

Bibliographie