VAN BIESBROECK, Jules-Evariste

Gand, 1848 - Bordighera/Italie, 1920


Peintre de scènes de genre, de scènes historiques, de portraits, de panneaux décoratifs, ciseleur et dessinateur d'affiches. C'est avec succès que Van Biesbroeck fréquente les classes de l'académie de Gand entre 1859 et 1870. Son père est ciseleur, métier que le jeune Van Biesbroeck exerce dès 1861. Comme peintre, il débute au salon de Gand de 1871, où il présente une toile dont le sujet est emprunté à la tragédie grecque : "Œdipe et sa fille se rendant en exil". Il sera un fervent participant aux expositions triennales de sa ville natale jusqu'en 1892, de Bruxelles de 1872 à 1890 et d'Anvers en 1873 et en 1879. Son envoi au salon de Gand de 1883, un tableau intitulé "Heureux" (Gand, M.S.K.), lui vaut une médaille d'or. Des subsides octroyés de 1871 à 1875 lui permettent de parfaire son éducation. Ainsi, il effectue un premier voyage en Italie, à Naples et à Portici, en 1872-1874. Le deuxième prix obtenu par le peintre en 1878, lors de sa participation au concours préparatoire pour le prix de Rome, est à l'origine d'un nouveau voyage en Italie qui deviendra, peu à peu, sa seconde patrie. En 1876, il collabore à l'organisation artistique du grand cortège de la Pacification de Gand qui remporte un franc succès et fera de lui un des portraitistes attitrés de la bourgeoisie gantoise. Deux de ses peintures figurent à l'Exposition historique de l'Art belge de 1830 à 1880, inaugurant le palais des beaux-arts de la rue de la Régence à Bruxelles, dans le cadre des fêtes du Cinquantenaire de la Belgique. En 1881, il devient membre de la section des arts du cercle artistique et littéraire de Gand. Il expose aussi au Salon des Champs-Elysées à Paris en 1883 et en 1886, ainsi qu'à l'Exposition historique des Peintres gantois du XIXe siècle organisée, en 1888, au palais de l'université de sa ville natale. En 1879, Van Biesbroeck devient professeur de dessin à l'académie de Gand; en 1886 il y est aussi chargé du cours d'anatomie artistique et, à partir de 1892, il donne également le cours de dessin d'après la figure antique. Durant sa carrière dans l'enseignement académique, qu'il poursuivra jusqu'en 1908, il aura quelques élèves appelés à devenir célèbres, tels que H. Daeye, G. De Smet, F. Van den Berghe ou G. van de Woestyne. Dès 1892, il travaille avec J. Delvin à une réorganisation des cours de l'académie et se consacre à la carrière de son fils, le peintre et sculpteur J.P. Van Biesbroeck. Adepte du Parti ouvrier belge, Van Biesbroeck a une vision très socialisante de l'art et préconise l'éducation du peuple par les arts plastiques et la musique. A ce titre, il participe à la décoration des maisons du peuple. Après 1908, il séjourne chaque année à Bordighera en Italie, où il se remet à son premier métier de ciseleur et quitte définitivement la Belgique lors de la Première Guerre mondiale. Peintre académique et homme très érudit, il n'a pas été un novateur dans le domaine pictural et doit essentiellement sa réputation à la qualité de son enseignement.

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