TOEPUT, Lodewijk

dit POZZOSERRATO Ludovico
Anvers, vers 1550 - Trévise, 1604/1605


Peintre et dessinateur de paysages et de sujets allégoriques et religieux, il a été un des intermédiaires les plus importants entre les cultures figuratives du nord et du sud de l'Europe dans la région du Veneto (Italie) pendant le dernier quart du XVIe siècle. Formé à Anvers chez M. de Vos, il part en 1572 pour l'Italie et s'établit à Venise où il demeure jusqu'en 1580 environ. Là, il entre en relation avec des artistes flamands et vénitiens : les œuvres de cette période le montrent fidèle à l'iconographie nordique et se rapprochent du langage pictural du Tintoret et de son entourage (vers 1575, "Tribut de César", Trévise, Mus. Civico). Son tableau "L'incendie du Palais ducal de Venise" (vers 1578, Venise, coll. priv.,) est tiré d'une gravure de J. Hoefnagel qui, séjournant à Venise en 1577, l'oriente vraisemblablement vers la topographie. On fait remonter son voyage à Rome à 1580, avec une halte à Florence, voyage dont il reste quelques dessins ("Vue de Castel Sant'Angelo", Rome, Bibl. vaticane) et qui le met probablement en contact avec les frères Bril dont les paysages vont influencer sa production ultérieure. En 1582, on le retrouve à Trévise qui va devenir sa ville d'élection : c'est le début d'une activité multiforme dans l'arrière-pays vénitien. Dans les années quatre-vingt il fait ses débuts comme peintre de fresques : vers 1585, il collabore avec D. Variotari à la décoration de la villa Priuli à Treville (Trévise); avec le même artiste, il travaille à l'abbaye de Praglia (Padoue), où il réalise des "Paysages". Au début des années nonante, il partage avec B. Caliari la décoration d'une pièce de la villa Chiericati à Longa di Schiavon près de Vicence ("Saisons"). Cette expérience de la vie dans les villas patriciennes de la région se retrouve dans plusieurs tableaux de la même période ("Concert dans un jardin", Trévise, coll. priv., Mus. Civico); néanmoins, son approche de cette réalité se fait toujours par le biais de modèles iconographiques flamands ("Labyrinthe d'Amour", Hampton Court, coll. roy.; "Saisons", vers 1584, Venise). Au début de la dernière décennie du siècle il semble avoir dépassé le goût descriptif des phases précédentes (dessin avec "Vue de Trévise", 1582, Paris, Inst. néerlandais; "Vues de l'abbaye de Praglia et de l'église de S. Giustina", fresques, Padoue, ch. Sta Giustina). Une quantité importante de dessins et de tableaux réalisés à la fin de sa vie témoigne de son évolution vers des paysages d'invention ("Chute de Phaéton", 1599, Hanovre, Landesmus.; "La Fortune et le jeune garçon", Saint-Pétersbourg, Ermitage, dessin), conséquence d'une attention portée aux récents développements du paysage flamand-romain ainsi qu'aux modèles de paysage alpestre de P. I Bruegel. Tout au long de son activité, sa production de tableaux d'autel pour les églises de Trévise et des alentours a été aussi importante : ce sont des œuvres caractérisées par un langage de communication facile ("Paraboles de la Charité", vers 1595, Trévise, Mont de Pitié) mais dépourvu de la tension dramatique des modèles vénitiens ("Saint Sébastien, saint Roch et sainte Barbe", Conegliano, égl. SS. Martino e Rosa). J. de Momper aurait été son élève à Trévise dans les années quatre-vingt.

Rédacteur

Collections

Bibliographie