SITTOW, Michel
(SITTOU, SITU, SITIUN, SYTIUM, ZITTOZ)(Michil, Miguel)
Tallin/Estonie, 1468/1469 - 1525/1526
Principalement peintre de portraits des cours européennes, il fut également sculpteur dans sa ville natale. Jusqu'en 1484, il passe son enfance dans l'atelier de son père, Claes van der Suttow, peintre et sculpteur bien connu à Reval (actuellement Tallin, capitale de l'Estonie). A cette époque, la vie culturelle y connaissait un épanouissement remarquable, entre autres grâce aux rapports constants avec l'Allemagne du Nord et la Flandre. Entre 1484 et 1491 Sittow fait son apprentissage à Bruges, chez H. Memling sans doute, et, en 1492, il est déjà peintre de cour d'Isabelle la Catholique en Castille où il apparaît dans les archives sous les appellations "Melch(i)or Alemàn" ou "Flamenco". Il reste à son service jusqu'en 1504; envoyé très probablement en Angleterre, vers 1502/1503, chez Catherine d'Aragon, fille de la souveraine espagnole, on le retrouve dans le Brabant en 1505/1506 au service de Philippe le Beau. Après la mort de ce prince, en 1506, il retourne à Reval où il s'installe, devenant membre de la gilde Saint-Canut. En 1514, il passe par le Danemark pour faire le portrait de Christian II et, en 1515, il retourne en Espagne chercher ses arriérés de paiements. Au cours de cet aller-retour (1514-1516), il s'attarde dans les anciens Pays-Bas chez Marguerite d'Autriche et chez le jeune Charles Quint. En 1517, il est de retour dans sa ville natale qu'il ne quittera plus jusqu'à sa mort en décembre 1525 ou en janvier 1526. On ne possède aucune œuvre authentifiée de la période brugeoise de Sittow. Plus tard, son style devient tout à fait personnel, intégrant les valeurs picturales de la Renaissance, une plus grande liberté dans la composition, un subtil sentiment de l'espace, un vigoureux modelé des chairs et des objets avec la souplesse expressive et harmonieuse des effets de la lumière. De son héritage brugeois, il ne garde que le sentiment aigu de réalité, de précision et de qualité technique. Comme Memling le fait pour la bourgeoisie de son temps, Sittow rend un témoignage éloquent de la distinction, de la délicatesse, de l'élégance et de la réserve courtoises. Portraitiste de la noblesse, il possède le don particulier de pénétrer l'âme humaine de ses modèles, qu'il représente en gros plan. Les portraits de "Diego de Guevara" (Washington, Nat. Gall. of Art), de "Catherine d'Aragon" (Vienne, Kunsthist. mus.) et de "Christian II de Danemark" (Copenhague, Statens mus. for Kunst) en sont les meilleures preuves. A noter que l'existence de ce peintre ne fut signalée qu'à partir de 1839. Aucune œuvre cependant ne lui fut attribuée jusqu'en 1929. C'est après cette date seulement qu'on ne cessa de s'intéresser à cet artiste en lui attribuant un grand nombre de panneaux, souvent sans aucune rigueur critique.
Rédacteur
- Trizna, Jazeps
Collections
- Staatliche Museum zu Berlin (Berlin)
- Statens Museum for Kunst (Copenhague)
- Detroit Institute of Arts (Detroit)
- National Portrait Gallery (Londres)
- Kunsthist. Mus. (Vienne)
- Nat. Gall. of Art (Washington)
Bibliographie
- M.J. Friedländer, Neues über den Meister Michiel und Juan de Flandes, in Cicerone, XXI, 1929, pp. 249-254.
- P. Johansen, Meister Michel Sittow, Hofmaler der KÏnigin Isabella von Kastilien und Bürger von Reval, in Jb. der kÏn. Preuss. Kunstsmlg., 61, 1940, pp. 1-36.
- J. Folie, Les œuvres authentifiées des Primitifs flamands, in Bull. I.R.P.A., 1963, pp. 245-246.
- J. Trizna, Michel Sittow, peintre revalais de l'école brugeoise. Primitifs flamands, III. Contributions, 6, Bruxelles, 1976.
- W. Raam, Grooti puuskulptuur Eesti, Tallin, 1976.
- L. Kagane, The Renaissance Portrait in Spain..., in Travaux du Musée d'Etat de l'Ermitage, XXV, Saint-Pétersbourg, 1985, pp. 5-14.
- E. Haverkamp-Begemann, Paintings by Michel Sittow reconsidered, in Rubens and his world, Anvers, 1985, pp. 1-8.