RAVEEL, Roger
Machelen-aan-de-Leie, 1921
Peintre, dessinateur et graveur. Créateur d'objets, de reliefs, d'installations, d'environnements et de happenings d'esprit critique. Peintre appartenant au courant De Nieuwe Visie, il est fasciné par le jeu subtil entre la poésie visuelle et l'image poétique qu'évoquent les multiples dialogues entre ses créations et la poésie de R. Jooris. De 1933 à 1937, puis en 1940-1941, il reçoit une formation artistique à l'académie de Deinze, où il suit occasionnellement les cours d'H. Malfait qui suscita son intérêt pour son environnement immédiat. De 1942 à 1945, il étudie à l'académie de Gand, notamment auprès de J. Verdegem, pour qui il ne ressent pas le même enthousiasme. En 1948, il fonde le groupe La Relève en compagnie de quelques membres de sa génération, notamment J. Burssens, C. d'Havé, P. Vlerick. Leur principal objectif était l'organisation d'expositions. Les premières peintures de Raveel montrent une nette influence expressionniste. L'influence de la Jeune Peinture de tradition française, des maîtres tels que Matisse, Picasso et Braque, ainsi que la tradition expressionniste locale, plus particulièrement l'art de J. Brusselmans, le font se détourner de l'animisme. A la fin des années quarante se manifestent quelques caractéristiques qui se révéleront déterminantes pour la suite de son œuvre. L'artiste s'intéresse à son environnement immédiat, et se montre fasciné par les objets contemporains. Il opte pour une sobriété et une lisibilité des formes, une composition puissante, un coloris frais et une facture spontanée et diversifiée. Par la suite, l'intégration des composantes abstraites s'intensifie. Outre les vifs contrastes de couleurs, se créent des champs de tension entre élément concret et abstrait, entre ligne et surface, surface et contour, présence et absence de la forme, de la figure ou de l'objet. Il en résulte une représentation de tendance abstraite et inattendue. Vers 1950, Raveel tombe sous le charme de Cobra. Il n'en évolue pas moins, vers le milieu des années cinquante, dans la voie de l'abstraction. Il fait partie du cercle artistique Taptoe et expose régulièrement durant la période 1957-1962. Dans ses tableaux, la structure géométrique du carré central contraste avec les parties contextuelles conçues de façon plus organique. Suite à ce bref intermède abstrait, Raveel, vers la fin des années cinquante, revient à la figuration. Il se sent stimulé par les initiatives du groupe G. 58 à Anvers, ainsi que par les nombreux contacts qu'il entretient avec les membres de courants modernistes étrangers à l'occasion de l'exposition Figuration-Défiguration (Gand, St-Pietersabd., 1964). Cette exposition rassemblait des représentants du Nouveau Réalisme, ainsi que du pop'art américain et anglais. Raveel subit l'influence de R. Rauschenberg, notamment des "combine-paintings", œuvres-charnières dans l'évolution de l'expressionnisme abstrait vers le pop'art. Il se met à utiliser des objets pour faire évoluer ses peintures dans l'espace. L'intégration de miroirs vise à un but analogue. Ainsi, le spectateur se trouve-t-il davantage associé au tableau. Des coupures abruptes et l'intégration d'objets banals ou d'êtres vivants, tels que des pigeons, visent au même but. Le lien entre l'art et la vie est concrètement évoqué. Les éléments abstraits continuent néanmoins à pénétrer le contexte figuratif. Au-delà de tout élément anecdotique lié au quotidien, ils confrontent le spectateur aux problèmes de la perception optique, plus précisément à l'impression d'aplatissement d'objets concrets sous l'influence d'une lumière directe et violente. Des parallèles iconographiques existent avec l'œuvre figurative des débuts : l'homme à la casquette, la femme, le mur de clôture en béton blanc, le poteau, le chat, le petit jardin, etc. Même s'il s'agit d'installations, la préoccupation picturale prédomine. En 1966, Raveel a l'occasion de réaliser des œuvres à grande échelle. Avec E. Elias, R. De Keyser et R. Lucassen, il transforme les couloirs souterrains du château de Beervelde en un happening ludique de couleurs. En 1969, il réalise le projet "Dulcia" à Zottegem. Deux ans plus tard, il élabore le projet écologiste des "Cygnes" sur les canaux de Bruges. Dans les années septante, la problématique de l'espace devient sa préoccupation principale aussi bien dans ses tableaux que dans ses installations. Il confronte l'espace pictural à l'espace illusionniste et à l'environnement concret. Plusieurs œuvres contiennent des réflexions sur ses propres créations. Jusqu'à présent, réalité et environnement proche forment le point de départ de son art. Son iconographie reste simple et identifiable. Sa thématique, concrète et universelle, se rapporte à une problématique purement formelle, donnant à son art un aspect à la fois passionnant et intrigant.
Rédacteur
- Van Damme, Claire
Collections
- Musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers (Anvers)
- Musée Groeninge (Bruges)
- Etat belge (Bruxelles)
- Société royale des Beaux Arts (Liège)
- Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (Bruxelles)
- Musée des Beaux-arts (Gand)
- Musée d’art contemporain de Gand (Gand)
- Provinciaal Museum voor Moderne Kunst (Ostende)
Bibliographie
- J. Walravens, Een nieuwe naam: Roger Raveel, in De Vlaamse Gids, 1957.
- K. Geirlandt, Vraaggesprek met Raveel, Het 5de wiel, 1962.
- H. Claus, De schilderijen van Roger Raveel, cat. exp. gal. Espace, Amsterdam, 1965.
- A. Van Wiemeersch, Roger Raveel, Gand, 1967.
- R. Jooris, De Nieuwe Visie, in Museumjournaal, XII, 2, 1967.
- L. Bekkers, Gesprek met Roger Raveel, in Streven, 5, 1968.
- R. Jooris, Op bezoek bij Roger Raveel, in Yang, 1969.
- R. Patteeuw, R. Raveel 1950-1954, Tielt, 1974.
- R. Raveel, cat. exp. Centrum voor Kunst en Cultuur, Gand, 1974.
- W. Van Den Bussche, P.M.M.K., Musée d'Art Moderne. Catalogue, Ostende, 1982, p. 73 et passim.
- K.J. Geirlandt et collab., L'art en Belgique depuis 45, Anvers, 1983, p. 4 et passim.
- W. Van Mulders, Roger Raveel: Retrospectieve, in Artefactum, 2, 1984, pp. 57-59.
- R. Raveel, cat. exp. P.M.M.K., Ostende, 1992.