PRIMO, Louis

(COUSIN) (Luigi)dit GENTILE Luigi
Grotenberge (anc. Breyvelde), 1606 ? - Bruxelles, vers 1667


Peintre d'histoire et de portraits. Sa date de naissance n'est pas certaine : ses contemporains Corneille de Bie (1661) et Joachim von Sandrart (1675) prétendent qu'il naquit en 1606, mais cette date n'est confirmée par aucun document. Louis Primo reçut une première formation à Bruxelles, peut-être auprès de Gilles Claeissens chez qui un certain Louis Cosyn ("Cousin" étant l'équivalent français de l'espagnol "Primo") est mentionné en 1617. Selon Sandrart, Primo se rendit à Paris puis à Rome, où il fut reçu en 1626 par la Schildersbent qui le surnomma Luigi Gentile. En 1638, il devint membre de l'académie de Saint-Luc et en 1646, de la confrérie Saint-Joseph de Virtuosi al Pantheon. En 1651/1652, il fut élu à la fois "principe" de l'académie et "regente" de la confrérie. Primo semble avoir été un peintre prolixe. Il réalisa non seulement de nombreux tableaux, parmi lesquels de multiples portraits, mais également plusieurs fresques d'église. De 1647 à 1652, il fut employé par le Vatican (pour qui il peignit notamment des sujets religieux sur cuivre) et, à en croire Sandrart, il devint plus tard le portraitiste d'Alexandre VII et de plusieurs de ses cardinaux. Il travailla également à Venise, à Pesaro, à Lorette et à Ancône. En 1656, Primo reprit toutefois le chemin de son pays natal, passa peut-être par Paris, et alla s'installer à Bruxelles où son nom figure en 1661 dans le registre de la corporation des peintres. D'après G.B. Passeri (1772), il y aurait réalisé des cartons de tapisseries. Il travailla également pour l'archiduc Léopold-Guillaume. En 1662, il prit Christophe Huygens pour élève et en 1663, Tobie Schoonemans. Il est également possible que Jan III van Cleef passât dans son atelier. Un "Portrait du pape Clément IX", gravé par Pierre II de Jode d'après "L.P. Gentiel", pourrait laisser supposer qu'il effectua un bref séjour à Rome en 1667. L'hypothèse est toutefois jugée hasardeuse par D. Bodart qui rappelle que l'artiste dut très vraisemblablement mourir la même année puisqu'en 1668, des caisses, laissées en dépôt depuis environ treize ans à Rome, furent rapatriées à Bruxelles à la demande des héritiers de l'artiste. Les œuvres de Primo sont de qualité très inégale. Celles du début mêlent la manière flamande à une imitation de la peinture italienne sans beaucoup de cohérence. L'exécution en est rapide, parfois même négligée. Toutefois, sa manière s'affine progressivement : le dessin devient plus précis et vigoureux; la couleur, très nordique, à la fois chaude et lumineuse, se fait nuancée. Ses œuvres les plus réussies sont sans aucun doute ses portraits où les personnages, souvent représentés en pied, se détachent sur un fond sombre par le ton clair de leurs physionomies. La posture est digne et l'expression soutenue. Ils justifient largement les quelques succès que l'artiste remporta de son vivant.

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