NAVEZ, François-Joseph

Charleroi, 1787 - Bruxelles, 1869


Peintre de sujets religieux, de portraits, de scènes de genre et d'histoire. Elève de l'académie de Bruxelles (1803-1808) et de P.J.C. François dont il reçut une formation néo-classique. En 1811, lors de son premier salon, la Société pour l'Encouragement des Beaux-Arts de Bruxelles lui attribua le prix de composition. Un an plus tard, il obtint le premier prix de peinture au salon de Gand avec "Virgile lisant à Auguste le sixième livre de son Enéide". A la suite de cela, en 1813, Navez obtint de la Société une bourse qui allait lui permettre de poursuivre sa formation à Paris, auprès du peintre J.L. David. Lorsque ce dernier fut exilé à Bruxelles en 1816, Navez l'y suivit. Tout en poursuivant auprès de lui ses études, il l'aida pour certains portraits. Grâce à une bourse octroyée par la Société des Beaux-Arts en 1817, Navez quitta Bruxelles pour l'Italie et séjourna quatre ans à Rome. Il y peignit entre autres la "Sainte Famille" (coll. priv.), "Agar et son fils" (Bruxelles), "Elisée ressuscitant le fils de la Sunamite" (Hulst) et une "Scène de musique" (Williamstown), œuvres qui allaient retenir, par leur qualité, l'attention du public. On y perçoit l'influence du purisme des nazaréens et de J.A.D. Ingres dont il avait découvert les œuvres à Rome. C'est à Rome encore que Navez peignit ses première scènes pittoresques, dites à l'italienne. A son retour en Belgique, en 1822, Navez apparut comme un artiste au talent confirmé. Son succès fut grand et nombreux étaient les élèves qui fréquentèrent l'atelier qu'il ouvrit à Bruxelles. Seule ombre au tableau d'une carrière qui s'annonçait prometteuse, l'échec qu'il essuya au salon de Bruxelles en 1830 face à la nouvelle école romantique avec son œuvre "Athalie interrogeant Joas" - ou "Le songe d'Athalie", autre appellation - (Bruxelles, M.R.B.A.B.). On lui reprochait de prendre comme modèles David et les peintres italiens de la Renaissance, plutôt que Rubens et les baroques flamands, et d'emprunter ses sujets à la Bible plutôt qu'à l'histoire nationale. En 1833 pourtant, et avec la même œuvre, "Le songe d'Athalie", il remporta un vif succès au salon de Paris. A partir de cette époque, Navez allait occuper un certain nombre de positions officielles : professeur, puis directeur de l'Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, vice-président de la Commission royale des monuments dès sa création en 1835, membre de la Commission du Musée, dont il devint président à partir de 1846, et, dès 1845, année de sa fondation, membre de la classe des Beaux-Arts de l'Académie royale des Lettres, des Sciences et des Arts. Il siégea également, à différentes reprises, dans le comité organisateur des salons bruxellois où ses interventions furent d'ailleurs contestées par les tenants de l'école romantique. En 1851, Louis Ier de Bavière lui acheta les "Fileuses de Fondi" pour la Galerie de Munich. Par ses nombreuses activités qu'il maintint jusqu'à la fin de sa vie, Navez eut une influence considérable sur le climat artistique à Bruxelles. Son enseignement a marqué plusieurs générations de peintres, les uns représentants du courant réaliste, les autres empreints de l'idéalisme de leur maître. Navez laissa une œuvre abondante dont l'histoire de l'art nationale n'a, le plus souvent, retenu que les portraits. Les partis pris théoriques des défenseurs du réalisme à la fin du XIXe siècle ne les portaient guère à apprécier le côté idéaliste de l'œuvre du peintre. A leur suite, l'idée d'un Navez auteur de toiles glacées, d'un académisme ennuyeux, allait être reprise durant des décennies. C'est cette partie de l'œuvre, en particulier l'œuvre religieuse, que l'on est amené à revoir aujourd'hui, non seulement par rapport au courant néo-classique, mais aussi en relation avec les courants puristes, que Navez découvrit lors de son séjour à Rome. Dans ce contexte, sa découverte de la peinture flamande des XIVe et XVe siècles fut tout aussi importante, ainsi que le travail théorique qu'il effectua à son propos - mémoire adressé à l'Institut de France en 1839. C'est également à Rome, sous l'influence de ses amis L. Robert et V. Schnetz, que Navez se mit à peindre des scènes de la vie populaire et paysanne italienne, genre qu'il continua de pratiquer après son retour en Belgique. Ce sont en effet ces tableaux, généralement de petite dimension, qui, plus que ses grandes compositions religieuses, eurent la faveur du public et trouvèrent acquéreur auprès d'une clientèle bourgeoise, la même dont il nous laissa de nombreux portraits à côté de ceux de ses amis peintres et de ses proches - la "Famille de Hemptinne" (Bruxelles), le "Portrait de David" (Valenciennes), celui de Schnetz (coll. priv.).

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