MOSTAERT, Jan

Haarlem, vers 1473 - 1555 ou 1556


Peintre de portraits, de retables et de compositions religieuses. Jan Mostaert n'était pas de souche noble, contrairement à ce que prétendit Carel van Mander (1604) : il était le fils d'un meunier. Dès 1498, il est cité comme peintre dans un document des archives de Haarlem. Il est alors marié avec Agnyese Martijnsdochter, une veuve qui, vers 1508, lui donnera un fils, Claes Jansz Suycker. Van Mander prétend qu'il vécut pendant dix-huit ans dans l'entourage de Marguerite d'Autriche. Cela paraît nettement exagéré. Certes, le séjour de l'artiste à Malines est bien attesté : en 1518, Mostaert travaillait pour la régente en qualité de "peintre aux honneurs", et, en 1521, il lui fournit un portrait de Philibert de Savoie. Cependant, c'est à Haarlem qu'il semble avoir passé la majeure partie de sa carrière. Van Mander situe son décès en 1555 ou 1556. En l'absence d'œuvres porteuses d'une signature crédible, c'est la description de tableaux de Mostaert par Van Mander qui a permis d'avancer les premières attributions. Des doutes subsistent concernant la phase ancienne de la carrière de l'artiste. Celui-ci ayant fait ses débuts sous l'influence de son maître, Jacob Jansz, et de Geertgen tot Sint Jans, il est difficile de départager ses œuvres de jeunesse de celles de ses aînés. Le problème se pose notamment pour l'"Arbre de Jessé" d'Amsterdam. Les œuvres réalisées à partir de 1510 montrent l'artiste aux prises avec le vocabulaire formel de la Renaissance. Il y demeure cependant peu réceptif dans l'ensemble : ses tableaux garderont toujours la marque des œuvres des Primitifs. Le "Triptyque de la déposition de croix" de Bruxelles est caractéristique à cet égard. Les portraits constituent un volet important de l'activité de Mostaert; ils sont toujours traités avec élégance et retenue. Le paysage, enfin, acquiert une place importante dans les œuvres supposées tardives; c'est le cas, notamment, du "Paysage au saint Christophe" d'Anvers. Un tableau mérite un intérêt particulier, en raison de son iconographie insolite : il représente l'attaque d'une tribu primitive par un peuple ayant atteint un stade de développement plus avancé (Haarlem).

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