MEUNIER, Constantin
Etterbeek (Bruxelles), 1831 - Ixelles (Bruxelles), 1905
Peintre, dessinateur et, à partir de 1884, sculpteur. Etudie dès 1845 à l'académie des beaux-arts de Bruxelles où il suivra l'enseignement du sculpteur L. Jéhotte. Il fréquentera, parallèlement et pendant près de trois ans, l'atelier privé de C. Fraikin. En 1853, se tournant vers la peinture, il suit les cours de F.J. Navez tout en participant à l'atelier libre Saint-Luc en compagnie de C. De Groux, L. Artan, A. Verwée, L. Dubois, tous futurs fondateurs, en 1868, de la Société libre des Beaux-Arts. Il sera lié à l'avant-garde réaliste tout en cherchant sa propre voie en peinture. Celle-ci se caractérise très vite par l'intérêt porté au fait quotidien, au vécu de l'homme, sa condition, son travail. De ses séjours, à partir de 1857, au monastère des trappistes de Westmalle, en Campine, naissent des œuvres qu'il présentera aux salons belges et parisiens. Ainsi, en 1860, à Bruxelles : "L'enterrement d'un trappiste" (Courtrai, M.S.K.). Entre 1875 et 1878, il aborde la peinture d'histoire, choisissant des sujets relativement contemporains, puisés dans le passé récent de la Flandre - "Episode de la guerre des paysans" (Bruxelles, M.R.B.A.B.) évoquant les événements de 1798 - ou de la révolution de 1830. En 1878, il découvre les fonderies et les laminoirs de Régissa, près de Huy, puis visite, en 1879, les usines Cockerill à Seraing et les verreries du Val-Saint-Lambert. Dès 1880, il expose ses premières œuvres inspirées par ce monde industriel. Parmi celles-ci : "La coulée à Ougrée" (Liège, M.A.W.). D'octobre 1882 à avril 1883, il séjourne à Séville d'où il rapportera notamment "La fabrique de tabacs à Séville" (Bruxelles, M.R.B.A.B.) qu'il présentera au salon de Bruxelles de 1884 en même temps que la première version de "L'enlèvement d'un creuset brisé (Verrerie du Val-Saint-Lambert)" (Bruxelles, M.R.B.A.B., Mus. C. Meunier), un des chefs-d'œuvre de la peinture industrielle. En 1885, il présente aux XX, à Bruxelles, ses premières sculptures, puis dès 1886, à Paris, cette œuvre majeure qu'est le "Marteleur". Cette seconde vie qui s'ouvre, consacrée dès lors largement à une sculpture novatrice, ne l'empêchera pas de continuer à peindre et à dessiner - on lui doit des pastels superbes - jusqu'à la fin de sa vie. Des toiles comme "Pays noir", "Le retour des mineurs", le "Triptyque de la mine" (Bruxelles, M.R.B.A.B., Mus. C. Meunier) comptent parmi ses plus belles et affirment son importance, longtemps oubliée, dans l'histoire de la peinture du dernier quart du XIXe siècle.
Rédacteur
- Baudson, Pierre
Collections
- Musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers (Anvers)
- Etat belge (Bruxelles)
- Museum voor Oudheidkunde en Sierkunst en Schone Kunsten (Courtrai)
- Musée Constantin Meunier (Bruxelles)
- Musée de l’Art wallon (Liège)
- Musée des Beaux-Arts de Tournai (Tournai)
- Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (Bruxelles)
Bibliographie
- C. Lemonnier, Constantin Meunier, sculpteur et peintre, Paris, 1904; L'école belge de peinture 1830-1905, Bruxelles, 1906.
- A. Fontaine, Constantin Meunier, Paris, 1923.
- P. Colin, La peinture belge depuis 1830, Bruxelles, 1930.
- A. Behets, Constantin Meunier, l'homme, l'artiste et l'œuvre, Bruxelles, 1942.
- L. Christophe, Constantin Meunier (Monographies de l'Art belge), Anvers, 1947.
- P. Baudson, Les trois vies de Constantin Meunier, Bruxelles, 1979.