BLONDEEL, Lancelot

Poperinghe, 1498 - Bruges, 1561


Actif à Bruges, Blondeel est connu surtout pour ses tableaux religieux. Comme de nombreux artistes de la Renaissance, ses activités sont multiples et la peinture y joue un rôle de second plan; il est chargé par la ville de Bruges de travaux d'urbanisme, de fortifications et de cartographie. Il exécute également des projets de sculptures et d'architecture (cheminée du Franc à Bruges, 1529-1532), de tapisseries et de vitraux. Franc-maître en 1519 en même temps qu'Ambrosius Benson, il se fait remarquer par les décors qu'il crée lors de la Joyeuse Entrée de Charles Quint à Bruges en 1520. En 1549, il accomplit la même tâche pour la Joyeuse Entrée de Philippe II. En 1551, il travaille avec son gendre Pieter Pourbus au mausolée, aujourd'hui perdu, de Marguerite d`Autriche (Bruges, Annunciadenklooster). Dans le contexte de la peinture brugeoise, la production de Blondeel occupe une place originale si on la compare à celle de ses devanciers Benson, Isenbrant, Provost ou de ses successeurs, les Pourbus et les Claeissens. Ses compositions se caractérisent souvent par l'utilisation de décors architecturaux fantasques inspirés des créations éphémères destinées aux Joyeuses Entrées. Tracés sur fonds d'or, enjolivés de grotesques, de putti, d'atlantes, etc., ces décors luxuriants restent légers bien qu'ils occupent la majeure partie de l'espace du tableau ou de la toile; ils s'inspirent d'abord du gothique flamboyant, des maniéristes anversois et des gravures de David Hopfer d'Augsbourg, pour accuser ensuite l'influence de l'Italie et des livres d'architecture de Pieter Coecke. Encadrées de ses constructions, les scènes qui forment le sujet de l'œuvre prennent un aspect secondaire malgré leurs qualités picturales. Certaines de ces compositions ont servi de bannières pour des confréries (Bruges, St-Salvatorskerk). Quant à la conception de la figure, elle est d'abord tributaire de J. Provost, ensuite des écoles française et toscane. Blondeel dépasse l'art des autres Brugeois, Isenbrant, Provost et Benson, par l'élégance et la facilité de son style et par l'assimilation plus spontanée des formes italiennes qu'il introduit à Bruges. Comme signe distinctif, il utilise son monogramme et le dessin d'une truelle. Bien que traitant des sujets religieux, ses œuvres, au style souvent enjoué, s'opposent aux compositions contemporaines beaucoup plus engagées et riches de significations morales produites par M. van Reymerswaele, J. de Hemessen, L. Lombard ou W. Key. Toutefois, les nouvelles attributions avancées par G. T. Faggin (1968) et K. G. Boon donnent une vision nouvelle de l'artiste et de l'influence exercée par P. Coecke et les peintres hollandais M. van Heemskerck et J. van Scorel. Blondeel y abandonne les décors pour produire des compositions amples où la complexité de l'espace et des figures forme l'essentiel de sa recherche. En 1550, Blondeel collabore avec Scorel à la restauration de l'"Agneau mystique" de Van Eyck et subit son influence dans sa conception du paysage.

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