MARMION, Simon

(MAÎTRE DU RETABLE DE SAINT-BERTIN, MAÎTRE DU LIVRE D'HEURES DE LOUTHE)
Amiens, vers 1420 - Valenciennes, 1489


Peintre et enlumineur, fils du peintre Jehan Marmion. Initialement actif à Amiens comme peintre décorateur (1449-1451), Simon Marmion participa en 1454 à la préparation du Banquet des vœux du Faisan organisé à Lille par Philippe le Bon. On lui attribue encore la commande importante d'une "Crucifixion" pour l'hôtel de ville d'Amiens. A partir de 1458 certainement, il habite Valenciennes où il poursuit le développement de sa carrière : il y est le peintre le plus renommé. Il devient l'enlumineur le plus important du nord de la France, réalisant des commandes pour les ducs de Bourgogne et leur entourage. Le 27 avril 1468, il se fait inscrire à la gilde de Saint-Luc à Tournai mais, jusqu'à sa mort en 1489, il continuera à travailler surtout à Valenciennes. Bien que l'on puisse se faire une excellente idée de la carrière de l'artiste grâce à de nombreuses mentions dans les archives et à d'autres témoignages écrits, la constitution d'un catalogue de son œuvre reste particulièrement difficile. Des auteurs tels que C. Dehaisnes, S. Reinach, M.J. Friedländer, F. Winkler, O. Pächt, C. Sterling et T. Kren ont rapproché les données biographiques et une étude stylistique approfondie des œuvres présumées de Simon Marmion. Ils sont ainsi parvenus à esquisser une trajectoire cohérente. Le point de départ de cette démarche est constitué par les deux volets de l'ancien "Retable de Saint-Bertin" à Saint-Omer, commandé par Guillaume Fillastre (Londres, Nat. Gall. et Berlin, Staatl. Mus.). D'un point de vue stylistique, on rapproche divers manuscrits de cette œuvre. Un texte d'archives (Hénault, Dehaisnes) nous apprend que Marmion a enluminé un bréviaire pour Charles le Téméraire. Ce qui nous apporte la certitude que Marmion a pratiqué l'enluminure. D'ailleurs Jean Lemaire de Belges, en 1504/1505, le nomme "Le prince de l'enluminure", ce qui atteste qu'à cette époque encore il était très prisé. On compte parmi ses manuscrits les plus importants : les "Grandes Chroniques de France" (Saint-Pétersbourg, Bibl. Publ., Ermitage fr. 88) et quelques enluminures dans le Pontifical pour la cathédrale de Sens (Bruxelles, B.R., ms. 9215), tous deux commandés par Guillaume Fillastre, et le Pontifical de Thérouanne pour David de Bourgogne (Haarlem, Teylers Stichting, ms. 77). Marmion travailla aussi avec le Maître de Mansel à la "Fleur des Histoires" (Bruxelles, B.R., mss. 9231-32). On trouve encore des enluminures de sa main dans "Les sept âges du monde" (Bruxelles, B.R., ms. 9047) et dans les manuscrits de Valerius Maximus à la Bibliothèque universitaire d'Iéna (ms. EL., fol. 87-88). A partir de 1475 environ apparaissent des livres de dévotion importants; ils sont petits mais très richement ornés. Un style nouveau s'y fait jour. Le livre d'heures de la famille de Louthe est un manuscrit fondamental (Louvain-la-Neuve, Bibl. univ., ms. A.2). Au total on a attribué à Marmion et à son atelier une cinquantaine de manuscrits enluminés et autant de peintures sur panneau. Des auteurs tels que E. Warren-Hoffman, A. De Schrijver et G. Dogaer sont partisans de scinder cette œuvre. Ils l'attribuent à divers maîtres anonymes (le Maître du Retable de Saint-Bertin et le Maître de Louthe) sur la base du fait qu'aucun document n'autorise irréfutablement l'attribution à Marmion d'aucune des œuvres conservées.

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