MAMBOUR, Auguste

Liège, 1896 - 1968


Peintre, sculpteur, graphiste, lithographe, illustrateur, dessinateur, fresquiste. Elève à l'académie des beaux-arts à Liège, ses débuts sont influencés par A. de Witte, E. Carpentier et surtout par A. Donnay. Prix de Rome en 1923, il fait un voyage au Congo et y découvre l'art nègre. Dès cette époque, Mambour est présent dans les galeries et salons liégeois et bruxellois et participe à des expositions à Venise (1922,1925), Paris (1925) ou Grenoble. Un sujet domine l'œuvre de Mambour : la figure humaine, universelle, solide, fortement charpentée, au modelé synthétique. La palette est froide et sévère (bleus, verts). Le clair-obscur exalte la puissance des volumes sculpturaux et crée une atmosphère insolite. Aux premières œuvres empreintes d'un symbolisme mystique, succède une période fauve hachurée, puis un expressionnisme vigoureux, sculptural. Mambour évolue encore vers une abstraction "viscérale" (1925-1926) non dénuée d'un certain érotisme. Un mouvement futuriste anime alors les compositions. Entre 1926 et 1929, un intermède surréaliste témoigne toujours de ses fantasmes sexuels et du désarroi du peintre dans sa quête éternelle de renouveau. Ensuite, il revient à un graphisme synthétique, elliptique même, étonnament actuel dans son œuvre publicitaire (1928-1931). Dès 1931, sa production picturale se réduit considérablement alors qu'il est nommé professeur à l'académie des beaux-arts de Liège. Le langage personnel de Mambour, sa volonté de heurter, allant jusqu'à afficher une attitude sympathisante envers les théories nazies durant la Seconde Guerre mondiale (condamnation en 1944) ont contribué largement à en faire le peintre maudit liégeois. Réhabilitée en 1961 grâce à l'A.P.I.A.W., son œuvre put enfin connaître le succès qu'elle mérite.

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