MAÎTRE DU SAINT-SANG

Actif à Bruges, premier quart du XVIe siècle


Originaire d'Anvers, installé à Bruges après 1510, ce maître anonyme à nom d'emprunt travailla peu pour les particuliers. Sa production, assez réduite, est essentiellement à sujets religieux mais il peignit aussi quelques représentations de Lucrèse. Deux de ses œuvres sont encore conservées dans leurs lieux d'origine : une "Déposition", au Musée du Saint-Sang à Bruges - d'où le nom du peintre -, et une "Glorification de la Vierge" à l'église Saint-Jacques du même lieu. Il subit principalement l'influence de H. Memling et surtout de Q. Metsijs dont il est un suiveur immédiat et qui se retrouve notamment dans certains types de saintes et dans des figures quasi caricaturales masculines. Il semble avoir eu une prédilection pour les visages présentés de trois quarts, minces, aux nez droits et fins, les bouches menues, les mentons ronds chez les femmes, plus accusés chez les hommes. Les paupières sont baissées en demi-lune, ou fendues, montrant alors une pupille ronde et très noire. Les cheveux bruns légers et frisés ont des reflets roussâtres. Les mains prolongent l'avant-bras sans faire apparaître l'ossature du poignet. Leurs longs doigts sont parallèles ou légèrement fléchis, le petit étant assez souvent écarté des autres. Le dessin préparatoire au pinceau est souvent très visible, cernant de près les silhouettes. Le Maître du Saint-Sang s'est complu à situer ses sujets dans le cadre de bâtiments, alors de type nettement brugeois, ou dans des paysages arborés. Dès que l'on passe au deuxième ou au troisième plan, le travail se relâche complètement.

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