LEYS, Henri (baron)
Anvers, 1815 - 1869
Peintre d'histoire, de portraits et de scènes de genre; graveur. Fils d'un imprimeur de gravures et beau-frère de F. De Braekeleer le Vieux, qui l'encouragea à suivre une courte formation, en 1829, à l'académie d'Anvers, et qui influença ses premières œuvres, ainsi que le fit bientôt le jeune G. Wappers. Il s'agissait de scènes de genre au décor bourgeois et de petits tableaux d'histoire d'inspiration romantique, dans le style de l'époque. Les nombreux contacts que Leys entretint avec E. Delacroix et P. Delaroche à Paris, principalement en 1835 et 1839, furent importants pour son évolution. La trace de ces influences se retrouve notamment dans la composition mouvementée de scènes d'émeute comme "La furie espagnole à Anvers" ou "La furie française en 1583" (Bruxelles, M.R.B.A.B.), deux œuvres, l'une tout à fait aboutie, l'autre conçue comme une esquisse à l'huile, qui amenèrent le peintre à privilégier l'histoire d'Anvers dans le choix de ses thèmes. En 1845, "Le rétablissement du culte dans l'église Notre-Dame à Anvers" (Bruxelles, M.R.B.A.B.) marqua le passage à une peinture de clair-obscur plus paisible et plus équilibrée, où l'on retrouve les leçons des vieux maîtres comme les Neefs, P. de Hoogh, G. ter Borch et G. Metsu, mais également de L. Gallait. Dans "Le prêche" (1847, Berlin, Staatl. Mus.; esquisse, Bruxelles, M.R.B.A.B.), le peintre laisse éclater son admiration pour Rembrandt. Lors d'un voyage en Allemagne, au début des années 1850, Leys tomba sous le charme de maîtres comme A. Dürer, L. Cranach, H. Holbein et Grünewald; en même temps, son intérêt s'éveilla pour le réalisme de G. Courbet et de J.F. Millet. A partir de 1855, son style historique s'affirme dans le sens d'une vision tout à fait propre de la reconstruction documentaire et de la vérité psy- chologique, alors que ses œuvres profitaient d'une reconnaissance internationale grandissante, ainsi qu'en témoigne le succès remporté aux expositions internationales de Paris, en 1855, et de Londres, en 1862. Statisme de la composition, souci du détail, interprétation minutieuse des tensions psychologiques et morales qui se dégagent des événements historiques représentés : un style Leys, tout à fait personnel, est né. Après 1857, Leys se consacra à la réalisation de grands ensembles décoratifs, non seulement pour sa propre habitation (la salle à manger), mais aussi pour l'hôtel de ville d'Anvers (où le travail fut commandé en 1861 et commencé en 1863) : quatre grands épisodes du Siècle d'or anversois et une série de portraits des ducs de Bourgogne. Hormis son neveu H. De Braekeleer et L. Alma-Tadema, Leys n'eut pas de véritables élèves dans son atelier. Il ne fut pas davantage lié à l'académie d'Anvers. Malgré le grand rayonnement de son œuvre et la reconnaissance officielle qui lui fut réservée, il n'eut pas de véritables continuateurs et son esthétique picturale ne suscita aucune école.
Rédacteur
- Moerman, Andr
Collections
- Rijksmuseum (Amsterdam)
- Musée Municipal (Amsterdam)
- Hôtel de ville (Anvers)
- Musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers (Anvers)
- Neue Nationalgalerie (Berlin)
- Städel (Francfort-sur-le-Main )
- Hamburger Kunsthalle (Hambourg)
- Mus. der Bildenden Künste (Leipzig)
- Alte Pinakothek der Bayerischen Staatsgemäldesammlungen (Munich)
- Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (Bruxelles)
Bibliographie
- G. Vanzype, Henri Leys, Bruxelles, 1934; Leys et son école, Bruxelles, 1949.
- D.G. Cleaver, Henri Leys, Nineteenth-Century Belgian Painter, diss. Univ. of Chicago, 1955.
- J.F. Buyck et A.A. Moerman, Schilderkunst in België ten tijde van Henri Leys (1815-1869), cat. exp. K.M.S.K., Anvers, 1969.