LENNEP, Jacques
VAN LENNEP Jacques, dit
Uccle (Bruxelles), 1941
Diplômé de l'école supérieure des arts décoratifs Saint-Luc, J. Lennep entreprend des études d'histoire de l'art et d'archéologie à l'université libre de Bruxelles. Engagé comme collaborateur scientifique aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique dès 1965, il mène de front cette activité et sa carrière artistique. Sa première manifestation publique en 1970/1971 le place dans la mouvance cinétique : mobiles à moteur électrique, multiples en plastique thermoformés et sérigraphiés. En 1972, il réalise ses premiers tableaux en plastique blanc, assemblant photos, textes, dessins et miroirs boursouflés. Il fonde également le groupe CAP qu'il animera au cours des années septante et dont seront membres P. Courtois, J. Lizène et J.L. Nyst. Il leur propose comme axe de recherche le concept de relation qui sera appliqué aux techniques les plus diverses de la photographie à la vidéo, médium que Lennep sera l'un des premiers artistes belges à utiliser. Au cours de ces années, il se livre à de nombreuses actions de tendance conceptuelle toujours teintées d'humour. En 1976 commence le Musée de l'Homme à Liège où Lennep expose et met en scène huit personnes réelles selon une approche sociologique privilégiant les mythologies individuelles. Parallèlement, il reprend la peinture et produit des tableaux monochromes bruns figuratifs, phase qui se termine en 1980. En 1981, il envisage la peinture sous l'angle de la polychromie. L'image réaliste est dans les deux cas barbouillée de noir et, selon l'approche relationnelle, confrontée à des textes, photos et objets. En 1982, il est nommé professeur de technologie de la peinture à l'académie des beaux-arts de Bruxelles, poste qu'il abandonne en 1990. En 1983, la galerie Isy Brachot réalise la première rétrospective de son œuvre picturale. En 1985, désireux de conclure le cycle du Musée de l'Homme, Lennep imagine un personnage fictif, peintre du dimanche et représentant en parfumerie, N.V. Panneel, dont il expose la pseudo-production jusqu'en 1991, date de son soi-disant décès. Elu membre de la Libre Académie Picard en 1987, deux ans plus tard, il révèle ce qu'il nomme les tapisteries. Ces peintures, peintes du mauvais côté de la toile, suspendues sans châssis, mélangent extraits littéraires et improvisations picturales. Le rapport texte-art et la communication sont les deux constantes de ces recherches toujours teintées d'une forte ironie. En cela, Lennep s'inscrit comme héritier de R. Magritte et M. Broodthaers. Il expose à de nombreuses reprises en Belgique et à l'étranger; sa première exposition personnelle remonte à 1971 à la galerie du Mail (Bruxelles). Il est distingué au prix Jeune Peinture belge en 1972 et obtient la médaille de bronze au prix Europe de peinture en 1977. Ses livres d'artistes ont été publiés notamment par les éditions Yellow Now.
Rédacteur
- Minne, Mich
Collections
- Musée d’Art contemporain d’Anvers (Anvers)
- Banque Nationale (Bruxelles)
- Crédit communal (Bruxelles)
- Centro de Arte y Communicación (Buenos Aires)
- Mus. des Transports (Lucerne)
- Collection Biennale (Venise)
- Musée d’Ixelles (Ixelles (Bruxelles))
- Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (Bruxelles)
- Provinciaal Museum voor Moderne Kunst (Ostende)
- Communauté française de Belgique (Bruxelles)
Bibliographie
- W. Becker, Das neue anthropologische museum, in Jacques Lennep, Crisnée, 1978, pp. 9-14.
- P. Minguet et G. Ollinger, in La Wallonie. Le pays et les hommes, III, Bruxelles, 1979, pp. 323-324.
- W. Van Mulders, in K. Geirlandt et collab., L'art en Belgique depuis 45, Anvers, 1983, pp. 44 et passim.
- M. Quaghebeur, Un pays d'irréguliers, Bruxelles, 1990.