HUYS, Pieter

Anvers, vers 1520 - vers 1581


Peintre et graveur, fils du paysagiste Adriaen Huys (actif à Anvers au début du XVIe siècle et dont aucune œuvre n'est connue), il suivit l'enseignement paternel ainsi que celui du graveur G. Liefrink. Il acquiert la maîtrise à Anvers en 1545 et entre la même année dans l'officine de H. Cock, où, par l'intermédiaire de la gravure, il découvre l'art de H. Bosch et, plus tard, celui de P. Bruegel l'Ancien. Il collabora également avec l'imprimeur Christophe Plantin dès 1560 pour lequel il dessina les illustrations pour les "Emblemata" de Sambucus en 1564, pour la "Biblia Regia" de 1566 et les "Humanae Salutis Monumenta" d'Arias Montanus. Son œuvre peinte est peu abondante car on ne connaît de lui que quatre tableaux signés et datés : "La tentation de saint Antoine", 1547 (Paris, Louvre), "Les damnés aux enfers", 1570 (Madrid, Prado), "Un joueur de cornemuse", 1571 (Berlin, Staatl. Mus.), et "La tentation de saint Antoine", 1577 (Anvers, mus. Mayer van den Bergh). Ainsi que son contemporain J. Mandyn, il s'affirme comme l'un des principaux épigones de Bosch à Anvers. Mais au-delà de l'emprunt d'une thématique et d'un vocabulaire, il demeure cependant étranger à l'esprit et à la technique de Bosch. Ses formes plus amples, sa conception plus naturelle de l'espace ainsi qu'une liberté de facture le rapprochent en effet du style de Bruegel. Avec le "Joueur de cornemuse", c'est vers le genre du réalisme populaire qu'il se tourne, imitant son concitoyen J. van Hemessen. En dehors de son œuvre autographe, on lui attribue également avec quelque raison et par analogie stylistique, un "Saint Christophe" (Dijon, M.B.A.). Certains auteurs, tel P. Mantz, lui attribuent également "Les épreuves de Job" (Douai, mus. de la Chartreuse); d'autres par contre préfèrent donner ce tableau à Mandyn.

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