GELDORP, GORTZIUS

(GUALDROP, GELDROP)
Louvain, 1553 - Cologne, 1616


Peintre de portraits, de sujets religieux et mythologiques, dont la production fut abondante. Les données biographiques, peu nombreuses, ont été rapportées par C. van Mander (1604). Celui-ci nomme le peintre Gualdrop Gortzius et précise que les contemporains le nomment Geldrop, du nom d'un village près de Eindhoven (Brabant du Nord), indiquant ainsi l'origine de la famille du peintre. Cependant, aucune archive n'appuie les dires de Van Mander. Les inventaires du XVIIe siècle aux Pays-Bas et les contemporains de l'artiste en Allemagne l'appellent toujours Geldorp, sans jamais préciser son prénom. Par ailleurs, le peintre lui-même signe toujours ses œuvres d'un simple monogramme "GG". Le prénom de Geldorp Gortzius reste donc inconnu. Toujours d'après Van Mander, Geldorp serait né à Louvain en 1553, a été formé à Anvers, dans l'atelier de F. Francken le Vieux en 1570/1571 et de F. Pourbus le Vieux, tous deux issus de l'école de F. Floris. Cependant, Geldorp n'est pas signalé dans les registres de la gilde de Saint-Luc d'Anvers. Il est ensuite à Cologne en 1579, faisant partie de la suite de Carlo d'Aragon, duc de Terranova, venu pour des négociations de paix avec les Pays-Bas espagnols. Geldorp s'installe alors définitivement à Cologne où il devient le peintre le plus apprécié de la bourgeoisie. Si aucun document ne mentionne précisément ses débuts à Cologne, on trouve cependant un indice de sa présence dans les archives de la ville : "Geldorf Gurtzius" est inscrit sur une liste datant du XVIIIe siècle qui reprend les noms des maîtres inscrits dans d'anciens registres (disparus) à partir de 1527. De sa période précédente, on conserve à Louvain (Katholieke Univ.) une "Allégorie de la Pacification de Gand en 1576", signée et datée "GG inventor 1576", qui pourrait bien lui être attribuée. En Allemagne, par son style plus puissant et ses compositions plus libres, il surpasse les maîtres locaux encore attachés à la manière schématique et moins colorée de Bartholomeus Bruyn. Peu à peu cependant, Geldorp produit des portraits plus conventionnels et plus stéréotypés, dont les plus tardifs sont caractérisés par des couleurs bleuâtres mêlées dans le blanc des collerettes et des manchettes des vêtements, et par des contrastes de couleurs plus adoucis. Ses nombreux portraits, septante environ, sont généralement peints sur bois, monogrammés (deux G enlacés) et datés de 1595 à 1615. Sa production d'avant 1595 est souvent confondue avec celle de Johann von Achen qui était actif à Cologne dans les années 1580. Geldorp a peint les portraits de plusieurs bourgmestres de la ville (entre autres à Cologne, Kölnisches Stadtmus.; W.R.M.), des portraits de femmes (entre autres Amsterdam, Rijksmus. - Bruxelles, M.R.B.A.B.) et d'enfants (entre autres Amsterdam, Rijksmus. - Cologne, W.R.M.), des portraits de familles et, plus rarement, des portraits en pied - "Peter von Berchem", 1592 (Mayence, Mittelrheinisches Landesmus.) Le portrait en buste de l'Electeur Lothar III de Trêves a été gravé par Crispin de Passe (1601). Geldorp est aussi l'auteur de figures de saints, parfois empreintes de mièvrerie ("Sainte Madeleine", Cologne, W.R.M. - La Haye, Mauritshuis - Turin, Gall. dell'Accad. Albertina), et de figures mythologiques (entre autres "Lucrèce", Saint-Pétersbourg, Ermitage) présentées à la manière de portraits. Plusieurs de ces figurations ont été gravées par Crispin de Passe et Peter Isselburg. Enfin, il créa des compositions religieuses comme une "Crucifixion" (aujourd'hui au W.R.M.) qu'il a peinte pour l'hôtel de ville de Cologne, ou "Suzanne et les vieillards" (Budapest, Szépmüvészeti Muz.). Grâce à son savoir-faire, il sut s'imposer à l'étranger alors que, s'il était resté aux Pays-Bas, il n'aurait été qu'un peintre parmi d'autres. Ses portraits, d'une froide objectivité, s'apparentent à ceux des Hollandais P. van Mierevelt, P. Moreelse et J. Anthonisz. van Ravesteyn.

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