FLORIS, Frans I

(DE VRIENDT)
Anvers, 1519/1520 - 1570


Peintre de compositions religieuses, mythologiques et allégoriques, né à Anvers entre le 17 avril 1519 et le 1er octobre 1520. La famille De Vriendt, originaire de Bruxelles, comptait plusieurs générations de tailleurs de pierre. Ils doivent leur patronyme "Floris" à Jan Floriszoon de Vriendt, qui était venu s'établir à Anvers vers 1450. Cornelis I Floris, son fils ou son petit-fils, et père de Frans, était tailleur de pierres tombales. D'après C. van Mander (1604), Frans l'assistait dans sa jeunesse. Entre-temps, son frère aîné, Cornelis II (1514-1575), qui allait devenir architecte et sculpteur, était parti pour l'Italie. Le décès inopiné de leur père, le 17 septembre 1538, le contraignit à rentrer et à prendre ses trois jeunes frères en charge. Frans fut envoyé en apprentissage auprès de L. Lombard, peintre et archéologue liégeois. Après un séjour de deux ans tout au plus dans son atelier, Frans Floris obtint la maîtrise à la gilde de Saint-Luc d'Anvers (1540/1541). Peu après, il partit lui aussi pour l'Italie et y demeura plusieurs années - probablement jusqu'en 1545/1546 environ. De cette période, on lui connaît des dessins d'étude d'après des sculptures antiques de Rome et d'après des œuvres de peintres italiens éminents tels Polydoro da Caravaggio, Giulio Romano, Michelangelo, qu'il avait eu l'occasion d'admirer dans différentes villes italiennes - Rome, Mantoue... En 1543, il peignit un triptyque pour le tombeau de la famille Delbene, en l'église de Santa Margharita Ligure près de Gênes (coll. priv.). Floris rentra à Anvers en 1547 au plus tard puisqu'il y épousa, le 29 octobre de cette année, Clara Boudewijns, la fille d'un joaillier. Il ouvrit un grand atelier à l'italienne où cent vingt élèves auraient reçu une formation, aux dires de Van Mander, qui cite le nom de trente d'entre eux. Il s'agissait, pour la plupart, de peintres déjà formés ailleurs, qui pouvaient assister Floris dans son travail.Les premières œuvres de Floris après son retour montrent encore quelque parenté avec la tradition locale - par exemple, les couleurs changeantes, à l'instar de Pieter Coecke -, mais la composition et les figures s'inspirent surtout de l'école de Raphaël (les Loges au Vatican), plus que de Michel-Ange dont on le rapproche souvent. Les peintures exécutées pour l'arc des Génois, érigé à l'occasion de la Joyeuse Entrée de Philippe II à Anvers en 1549, ont joué un rôle considérable dans son succès en tant que peintre d'histoire. Les commandes, dès lors, affluèrent, d'Anvers et d'ailleurs. Ainsi, en 1553, la confrérie de la Sainte-Croix de la Nieuwe Kerk à Delft lui passa commande pour un triptyque du "Calvaire" conservé aujourd'hui à l'Oberkirche de Arnstadt. En 1554, pour l'autel de la gilde des escrimeurs en l'église Notre-Dame à Anvers, il peignit une "Chute des anges rebelles" (Anvers, K.M.S.K.), peut-être son tableau le plus connu. Peu après, le négociant anversois Nicolaas Jongelinck lui commanda, pour sa maison de campagne, deux séries de tableaux profanes, "Les travaux d'Hercule" et "Les arts libéraux", qui devaient, chacune, occuper une pièce entière. Avec Floris, l'allégorie mythologique s'est implantée solidement à Anvers. L. Guicciardini et G. Vasari le considéraient déjà comme le plus grand parmi les peintres vivant aux Pays-Bas. Cette réputation était confirmée par des commandes pour des églises et des collectionneurs de Gand, Bruxelles, Léau... A Anvers même et jusqu'à sa mort, Floris resta le chef de file; il obtint de nombreuses commandes parmi lesquelles "L'assomption de la Vierge" pour le maître-autel de la cathédrale (perdu). Sa prospérité matérielle lui permit de se faire bâtir une grande maison avec un atelier dans un nouveau quartier de la ville (l'actuelle rue Arenberg qui, dès avant 1580, avait été baptisée rue Floris). Il orna la façade de sa demeure de peintures murales à la gloire de l'art pictural. Un dessin de Jan van Croes datant de 1700 environ (Bruxelles, B.R.), représente cette façade, qui a totalement disparu au début du XIXe siècle. Les dépenses absorbées par cette entreprise, ajoutées aux effets d'une récession assez générale dans la vie artistique anversoise vers 1565-1570, ont conduit l'artiste à une faillite complète. Selon Van Mander, son alcoolisme y aurait aussi contribué. Quoi qu'il en soit, ses biens meubles et immeubles ont été dispersés en vente publique dès après sa mort. L'importance de Floris réside principalement dans l'application des modes de production artistique de la Renaissance italienne. Ses nombreux collaborateurs, parmi lesquels bon nombre d'artistes des Pays-Bas du Nord, ont diffusé cette forme d'italianisme dans la totalité des Pays-Bas.

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