FLÉMAL, Bertholet
(FLÉMALLE)
Liège, 1614 - 1675
Peintre de sujets religieux, historiques, mythologiques et de portraits. Après un premier apprentissage auprès de son père, Renier Flémal, peintre verrier, il est l'élève de Henri Trippet. Dans les années 1630, il se perfectionne auprès de Gérard Douffet. Après un voyage à Rome en 1638, avec un passage à Florence et un séjour à Paris, il rentre à Liège en 1647 au plus tard. Son succès est grand dès le milieu du siècle et sa clientèle compte les nombreux établissements religieux liégeois. Il est nommé peintre attitré du prince-évêque Maximilien-Henri de Bavière. Il manifeste un goût pour l'architecture : plans d'édifices religieux, conception de sa propre demeure, projets de mobilier religieux. Aucune de ses réalisations architecturales ne subsiste aujourd'hui. En 1670, il se rend à Paris pour mettre en place une commande royale et est nommé professeur à l'académie royale de peinture et de sculpture. La même année, il se voit conférer une prébende de chanoine de la collégiale Saint-Paul à Liège. Le très petit nombre de peintures datables rend difficile l'établissement d'une chronologie sûre : seuls quelques jalons permettent d'esquisser une évolution. Son œuvre de jeunesse, avant le voyage à Rome, n'est pas connue; les peintures les plus anciennes semblent être "Les adieux d'Alexandre" (Kassel) et "La fuite de Clélie" (Liverpool), œuvres vigoureuses, marquées par l'influence du milieu poussinesque, dont Flémal dut être proche à Rome. Au séjour parisien se rattachent deux peintures aujourd'hui au Louvre : "Les Mystères de l'Ancien et du Nouveau Testament", jadis au couvent des Grands Augustins de Toulouse, et un "Sacrifice d'Iphigénie", exécuté pour l'hôtel Lambert et imprégné de classicisme français. L'ensemble des œuvres datant des années 1650-1660 dénote un style parfois archaïque ("Crucifixion" de 1649, Liège, égl. St-Jean), vigoureux, très tendu (le "Châtiment d'Héliodore", la "Mort de Pyrrhus", Bruxelles), au caractère souvent anecdotique, un goût prononcé pour l'architecture antique, un manque de maîtrise dans le dessin et les proportions, une palette chaude et diversifiée. La "Dispute du Saint-Sacrement" (Herve, égl. St-Jean-Baptiste) et le "Portrait dit de Gérard Douffet, de son épouse et de Bertholet Flémal" (Overijse, coll. priv.) sont les plus beaux exemples de cette période; ils sont datables de la fin des années 1650 ou du début des années 1660 et annoncent l'évolution qui va marquer les années suivantes. La peinture de Flémal s'engage alors dans la voie de la sobriété. Le nombre des figurants se réduit considérablement, parfois jusqu'au strict nécessaire, et la composition s'en trouve clarifiée. Aux coloris chauds et vifs des années 1650 se substitue petit à petit une palette froide et nuancée. Amorcée vers 1665 dans l'"Adoration des bergers" (Caen) et la "Déploration du Christ mort" (Orléans), exécutée avant 1668, cette recherche d'une plus grande rigueur atteint son apogée dans deux chefs-d'œuvre : la "Déploration du Christ mort" (Karlsruhe), remarquable de simplicité et d'émotion contenue, et l'"Invention de la Sainte Croix" (Liège, égl. Ste-Croix) de 1674, peinture d'une majesté sévère, adoucie par l'extrême raffinement des coloris froids. Nourrie d'influences multiples - la Renaissance, la peinture romaine du XVIIe siècle, les peintres de l'entourage de Poussin à Rome et la peinture française -, l'œuvre de Flémal engage la peinture liégeoise dans la voie du classicisme. Ses fils, Renier II, Guillaume et Henri, furent peintres également.
Rédacteur
- Lapy - Bosson, Claude
Collections
- Musée des Beaux-Arts (Caen)
- Eglise Sain-Jean-Baptiste (Herve)
- Staatliche Kunsthalle (Karlsruhe)
- Staatl. Kunstsmlg. (Cassel)
- Cathédrale Saint-Paul (Liège)
- Eglise Saint-Barthélemy (Liège)
- Eglise Saint-Jean l’Evangéliste (Liège)
- Eglise Sainte-Croix (Liège)
- Musée des Beaux-Arts (Lille)
- Walker Art Gallery (Liverpool)
- Mus. des Augustins (Toulouse)
- Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (Bruxelles)
- Museo Nacional del Prado (Madrid)
Bibliographie
- L. Abry, Les hommes illustres de la nation liégeoise, Liège, 1867.
- L. Dewez, Un maître liégeois du XVIIe siècle. Bertholet Flémalle (1614-1675), in La vie wallonne, VIII, 1927, pp. 129-148 et 159-168.
- C. Bosson, L'art de Bertholet Flémal à travers quelques œuvres peu connues, in Cahiers du C.A.C.E.F., 127, 1987, pp. 13-15.
- J. Thuillier, Bertholet Flémal: problèmes de catalogue et de chronologie, in ibidem, 127, 1987, pp. 16-20.
- J. Hendrick, La peinture au pays de Liège. XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, Liège, 1987..