FIAMMINGO, Paolo
(FRANCKEN, FRANCK, FRANCESCHI, FIAMENGHO) (Pauwels)
Anvers, 1540 - Venise, 1596
Peintre connu avant tout pour ses paysages mais auteur également de compositions allégoriques et religieuses. Inscrit à la gilde de Saint-Luc d'Anvers en 1561, il se rend à Venise à une date indéterminée et fait partie des nombreux Flamands qui exécutent des paysages dans l'atelier de Tintoret, tels M. de Vos et L. Pozzoserrato. D'après B.W. Meijer (1975), il collabore déjà avec le maître en 1567 (Venise, Accad. S. Rocco). Sa présence dans la cité des doges est attestée en 1573 par une gravure de Gaspare Osello Padovano d'après l'une de ses compositions ("Madeleine dans le désert"). On ne sait pas combien de temps il fréquente l'atelier de Tintoret. Entre 1572 et 1575, il est également en contact avec Véronèse. En 1575, il aurait fourni des peintures à Parrhasio Michele destinées à Philippe II. Vers 1580, il contribue à la décoration des travaux de reconstruction du Palazzo Ducale entrepris après l'incendie de 1577. C'est seulement en 1584 qu'il est inscrit à la Fraglia dei Pittori de Venise, où son nom figure jusqu'en 1596. De 1580 à 1592 date son travail le plus important : le décor du château de Kirchheim commissionné par H. Fugger. Il y peint, avec son atelier, de nombreuses compositions allégoriques et astrologiques au caractère ésotérique. Vers 1590, il aurait exécuté, selon B.W. Meijer (1975), l'énorme "Crucifixion" (875 x 585 cm) de l'église Stift Haug à Würzbourg. L'artiste s'inspire de Tintoret et des Bassano pour produire une œuvre dramatique originale. Mais Fiammingo élabore surtout une nouvelle représentation de la nature. Ses paysages, amples, variés, aériens sont construits selon des lignes de composition savantes. Ils présentent un grand contraste entre le premier plan, riche de rochers et d'arbres aux lourdes frondaisons, et la percée claire et lumineuse des plans successifs. Cette profondeur est obtenue par le rendu subtil de la lumière, la gradation des couleurs et l'étude de la perspective. Fiammingo peint un monde idyllique et voluptueux dans une végétation luxuriante où l'abstraction du maniérisme tardif et la douceur vénitienne s'allient avec bonheur. Si la figure trouve une place de relief dans les paysages de l'artiste à ses débuts, elle perd son importance dans la suite pour se fondre dans le paysage. Tributaire de Tintoret pour l'usage de couleurs délicates et de dégradés, Fiammingo est loin toutefois d'être un imitateur. Il crée un genre original dans le contexte de la peinture vénitienne par son sentiment nordique de la nature, la richesse de son dessin, la force de sa composition. Son importance est primordiale en Italie mais aussi dans le Nord où des artistes comme G. van Coninxloo, D. Vinckboons et les maîtres de Frankenthal assimileront la richesse de sa vision de la nature.
Rédacteur
- Denhaene, Gwendoline
Collections
- Art Gallery (Glasgow)
- Château (Kirchheim)
- National Gallery (Londres)
- Alte Pinakothek der Bayerischen Staatsgemäldesammlungen (Munich)
- Louvre (Paris)
- Château (Prague)
- Casa del Greco (Tolède)
- Real Colegio Corpus Christi (Valence)
- Scuola Grande Arciconfraternita di San Rocco (Venise)
- Kunsthist. Mus. (Vienne)
Bibliographie
- S. Mason Rinaldi, Appunti per Paolo Fiammingo, in Arte Veneta, 19, 1965, pp. 95-107; Un nuovo ciclo di Paolo Fiammingo, in ibidem, 22, 1968, pp. 72-79; Nuove opere di Paolo Fiammingo, in ibidem, 24, 1970-1971, pp. 224-230.
- B.W. Meijer, Paolo Fiammingo reconsidered, in Mededelingen van het Nederlandse inst. te Rome, N.S. 2, 37, 1975, pp. 117-130.
- S. Mason Rinaldi, Paolo Fiammingo, in Saggi e memorie di storia dell'arte, 11, 1978, pp. 45-80.
- E. Fucikova, L. Konecny, Einige Bemerkungen zur Gesichts-Allegorie von Paolo Fiammingo und zu seinen Aufträgen für die Fugger, in Welt im Umbruch, 3, 1981, pp. 151-156.
- B.W. Meijer, Paolo Fiammingo tra indigeni e "forestieri" a Venezia, in Prospettiva, 32, 1983, pp. 20-32..