BEAUNEVEU, André

Valenciennes, vers 1330/1335 - avant 1401/1403


Sculpteur, peintre et enlumineur, actif de 1359 ( ?) à 1390. Il est possible de l'identifier à "maistre Andrieu le peintre" mentionné de 1359 à 1362 dans les comptes de Yolande de Bar, comtesse de Cassel et à "maistre Andrieu le tailleur" qui restaura une sculpture dans la salle des jurés à Valenciennes en 1361-1362. A partir d'octobre 1364, il a laissé des traces incontestables : à Paris, au service de Charles V, il exécute le gisant du souverain et ceux de ses grands-parents et de son père, Jean le Bon, tous destinés à SaintDenis. Son nom disparaît alors des comptes jusqu'en 1372. D'après ce que dit Froissart, on peut supposer qu'il aurait fait un séjour en Angleterre. Il est signalé à Tournai en 1372 et, en 1374, il exécute un travail à Valenciennes. De 1374 à 1384, il se trouve à Courtrai, au service de Louis de Male pour y participer - entre autres choses - à la réalisation du tombeau du duc dans l'église Notre-Dame. Pendant cette période, il travaille temporairement à Malines (1374-1375 et 1381), à Ypres (1377), à Cambrai et à Gand (1381). En qualité d'"ymagier" du duc de Berry, il s'installe à Bourges en 1386; avec son atelier, il y fait des projets de vitraux et sculpte des prophètes pour la Sainte-Chapelle. En 1390, il dirige les travaux des peintres et des sculpteurs au château de Mehun-sur-Yèvre. Les sculptures suivantes - que l'on a conservées - sont attribuées à Beauneveu et à son atelier : une "Sainte Catherine" en l'église Notre-Dame à Courtrai (vers 1374), des "Prophètes" provenant de la Sainte-Chapelle de Bourges (1392-1405) (Bourges, Mus. Jacques Cœur), une "Tête d'apôtre" provenant du château de Mehun (vers 1390 ou plus tard) (Paris, Louvre). Le gisant de Charles V à Saint-Denis (1364) est certainement de sa main. On a également conservé un psautier pour le duc de Berry (vers 1386) enluminé de prophètes et d'apôtres de conception sculpturale (Paris, B.N., ms. fr. 13091). D'autres attributions restent problématiques. Son style va à contre-courant du maniérisme de l'art courtois français. Il y apporte des caractéristiques des Pays-Bas méridionaux telles la monumentalité, l'individualisation et un sens tactile. Son influence s'étend des Pays-Bas du Sud à Aix-la-Chapelle.

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