DREPPE, Joseph
Liège, 1737 - 1810
Peintre et graveur. Fils du graveur de coins, Jean-Noël Dreppe et frère des graveurs d'estampes Jean-Pierre (1734-1791) et Louis Dreppe (1739-1782), Joseph est le seul de la famille à se signaler comme peintre. Après avoir été, à Liège, l'élève de Jean Latour (1719-1782), il se rend à Rome où il est pensionnaire du collège des Liégeois de 1758 à 1761, et se forme dans les ateliers de Placido Costanzi et de Laurent Pécheux. De retour au pays, il décore la coupole de l'église des Prémontrés devenue aujourd'hui église du grand séminaire de Liège. Cette œuvre fut recouverte au XIXe siècle par une composition de Pierre-Joseph Carpay. En 1775, il est nommé professeur à l'académie créée par François-Charles de Velbruck et il collabore dès 1779 à la Société d'Emulation de Liège où il se signale par de nombreux envois aux salons et par sa participation à plusieurs concours d'urbanisme. En 1784, il est nommé directeur de l'académie par le nouveau prince César-Constantin de Hoensbroeck en remplacement de Léonard Defrance. Dès les premiers jours de la Révolution liégeoise, Dreppe affiche son adhésion au nouveau régime en éditant des gravures allégoriques. Après le rattachement de la principauté à la France, il reçoit pour mission la collecte des œuvres d'art ayant appartenu aux ordres religieux supprimés, en vue de la création d'un "museum" liégeois. Il meurt le 28 mars 1810 sans avoir vu la réalisation de ce projet et après avoir enterré les douze enfants que lui avaient donnés ses deux épouses successives. Après sa mort, l'artiste tombe dans l'oubli et son nom n'est évoqué que pour rappeler sa participation aux événements révolutionnaires. La plupart des auteurs confondent son prénom et celui de ses deux frères. Il faut attendre l'exposition de 1955 Le Romantisme au pays de Liège pour que soit révélé au public le caractère précoce de son tempérament. Le catalogue de ses peintures se limite actuellement à quelques toiles, reflet du travail d'un petit maître, souvent maladroit dans le dessin, habile dans la composition et illustrant des sujets d'histoire locale, rares pour l'époque. Citons "La remise en place du Perron" (Liège, M.A.W.) Ses gravures, d'un réel intérêt documentaire, témoignent de la décadence de cette technique à Liège à la fin de l'ancien régime. Par contre, un portefeuille de lavis (Liège, cab. est.), fait preuve tantôt d'une grande maîtrise de l'art baroque, tantôt d'un tempérament rococo, mais surtout d'un goût précoce pour l'iconographie et la facture des artistes romantiques. L'œuvre la plus célèbre dans ce domaine s'intitule "Les tombes profanées". Certaines vues d'Italie sont l'interprétation au lavis de gravures de G.B. Piranèse.
Rédacteur
- Graulich, Jean-Luc
Collections
- Eglise Saint-Martin (Bois-et-Borsu)
- Mus. de la Révolution du Château de Vizille (Grenoble)
- Cabinet des Estampes (Liège)
- Collections artistiques - Galerie Wittert (ULg-Philo-Serv.Gen) (Liège)
- Musée de l’Art wallon (Liège)
Bibliographie
- J. Helbig, La peinture au pays de Liège et sur les bords de la Meuse, Liège, 1903, pp. 455-460.
- Le romantisme au pays de Liège, cat. exp. M.B.A., Liège, 1955, pp. 153-155.
- D. Coekelberghs, Les peintres belges à Rome de 1700 à 1830, Bruxelles-Rome, 1976, pp. 384-387.
- Le Siècle des Lumières dans la principauté de Liège, cat. exp. M.A.W., Liège, 1980, pp. 212-218, 230-232.
- Autour du néo-classicisme en Belgique, cat. exp. Mus. Ixelles, Bruxelles, 1985-1986, pp. 56-60, 288, 351.
- J.L. Graulich, Un pré-romantique liégeois, Joseph Dreppe, in Cahiers du C.A.C.E.F., 127, 1987, pp. 48-50.
- La révolution liégeoise de 1789, cat. exp. M.A.W., Liège, 1989, pp. 53-54, 127-139.