DE WITTE , Pieter

(CANDIDO, CANDID) (Pietro)
Bruges ?, 1548 ? - Munich, 1628


Peintre d'histoire, dessinateur. Avec sa famille, il émigra à Florence durant sa jeunesse. C'est là que son père, le tapissier brugeois Pieter de Witte, entra au service du grand-duc de Toscane. D'après C. van Mander (1604), il aurait travaillé un moment auprès de G. Vasari, avec lequel il visita également Rome. Deux ans après la mort de son maître (1576), il devint membre de l'académie, au sein de laquelle il allait exercer diverses fonctions. Entre-temps, il exécuta entre autres, en 1578, un grand retable pour la cathédrale de Volterra, encore en place, représentant la "Vierge, les saints patrons de la ville et le donateur Francesco Buini". Un second séjour à Rome est attesté par son inscription au sein de l'Académie florentine et doit être situé vers 1581-1582. Quelques années plus tard (1585), il contribua à une série de portraits des Médicis, commandée par le grand-duc François Ier, en exécutant le portrait de "Julien, duc de Nemours" (Florence, pal. Medici-Riccardi). De la même année, on conserve aussi une fresque, représentant la "Vierge accompagnée des saints Nicolas et Jérôme" (Florence, ch. S. Niccolò del Ceppo). Le duc Guillaume V de Bavière l'appela en 1586 à la cour de Munich, où il fut employé jusqu'à sa mort, en 1628, moyennant quelques interruptions, dues à la situation financière de son protecteur. Le style italianisant de P. de Witte, qui s'exprime dans de vastes compositions, fortement rythmées, où dominent les tonalités froides, sous l'influence notamment de Vasari et de Michel-Ange, dut sans aucun doute influencer le choix du duc, qui employait surtout à son service des artistes italiens ou formés en Italie.Au début, le travail de Pieter de Witte, placé sous la direction du peintre architecte Friedrich Sustris, consista principalement en des tâches d'exécutant, même s'il réalisa lui-même deux retables pour l'église Saint-Michel des Jésuites de Munich ("Prédication", 1587; "Martyre de sainte Ursule", 1588). Sous le règne du duc Maximilien, il se consacra surtout à la création de suites de tapisseries (la série d'Otto von Wittelsbach, la série des Grotesques). Mais il fut aussi amené à réaliser des projets de plafonds pour la nouvelle aile de la résidence (1611), ainsi que des études préparatoires pour le vieux château de Schleissheim (1617) et pour la Salle d'Or de l'hôtel de ville d'Augsbourg (1619). Le monumental maître-autel de la Frauenkirche à Munich (1620) constitue la dernière grande réalisation de l'artiste.Sur ses qualités de sculpteur ou d'architecte, évoquées par Van Mander, les preuves disponibles sont peu nombreuses ou guère vérifiables.

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