BALTEN , Peeter

(DE COSTERE BALTENSSONE, CUSTODIUS, BALTENS alias CUSTODIUS, BALTHAZARUS, BALTENIUS, BALTHAZAR) (Pieter, Pierken, Petrus, Pierre)
Anvers ?, 1520/1525 - avant 1598


Peintre et graveur sur cuivre. A l'instar de son père, Balten Janssone Costere, qui était sculpteur, P. Balten devint maître en 1540 (et non en 1579, comme C. van Mander (1604) l'affirme indûment) au sein de la gilde de Saint-Luc à Anvers. Vingt-neuf ans plus tard (1569), il allait y exercer un rôle de premier plan en tant que doyen, avant d'être élu "ouderman" en 1571. C. Ketel et M. de Vos comptèrent notamment parmi ses collaborateurs. C'est surtout comme graveur et comme éditeur des portraits des ducs de Brabant (1575), des princes de Hollande (1578, 1586) et des comtes de Flandre (1584, 1598, 1608 et 1612) qu'il connut la plus grande renommée. Au début de sa carrière, ses tableaux furent plutôt considérés comme des copies ou des imitations des œuvres de son collègue Pieter Bruegel l'Ancien, plus jeune mais plus illustre. G. Marlier, qui dressa l'inventaire de l'œuvre peint conservé, défendit pourtant la part d'invention personnelle et le style authentique de Peeter Balten, qu'il retrouva dans les jeux de physionomie, les attitudes et le rendu des paysages. Les documents conservés montrent d'ailleurs qu'à ses débuts, P. Bruegel fut plutôt l'assistant de P. Balten, quand ils travaillèrent à un retable commandé par la gilde des gantiers (1550/1551) pour la cathédrale Saint-Rombaut à Malines (perdu). Ainsi des œuvres comme "La fête de Saint-Martin" (Anvers, K.M.S.K.; Amsterdam, Rijksmus.), "Le printemps chasse l'hiver" (coll. priv.), "Abraham répudie Agar" ( ?) (Stuttgart, Staatsgal.), "Ecce homo" (Anvers, K.M.S.K.) et "La prédication de saint Jean-Baptiste" (coll. priv.) seraient toutes des créations personnelles de Balten. Comme Marlier l'a clairement montré, P. Balten doit plutôt être considéré comme un artiste indépendant et éclectique dont la route croisa celle d'un contemporain célèbre. Les "Noces paysannes", provenant de l'ancienne collection Van der Straeten-Solvay (loc. inc.) doivent aussi être interprétées de ce point de vue. La prépondérance du paysage se dégage de façon frappante de l'œuvre tout entier. Peut-être le large intérêt accordé au paysage dans les dessins s'explique-t-il ainsi en partie. Cette caractéristique ne se retrouve pourtant pas dans l'œuvre graphique, où les différences stylistiques apparaissent en outre de façon manifeste. Ainsi des doutes ont-ils surgi quant à son authenticité. A moins que ces différences ne doivent être attribuées au changement de support ?

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