DE COSTER, Adam

(DE CEUSTERE, DE CEUSTER)
Malines, 1586 - Anvers, 1643


Peintre de sujets religieux, de figures de saints, de scènes mythologiques, de portraits et de scènes de genre, en particulier de scènes nocturnes; également graveur. On ne connaît rien de sa période d'apprentissage. De Coster devint en 1607/1608 maître de la gilde de Saint-Luc d'Anvers. En 1626/1627, il a un apprenti. Des documents d'archives confirment sa présence à Hambourg en 1635. Il est probable qu'il effectua un voyage en Lombardie. Du moins les similitudes entre son œuvre et celle, entre autres, d'A. Campi le laissent entendre. La parenté avec l'œuvre de T. Rombouts et G. Seghers fait supposer qu'il entretint des contacts avec eux. Il est l'auteur de nombreuses scènes nocturnes regroupant des personnages, des chanteurs ou des musiciens autour d'une table à la lumière d'une chandelle. La gravure de P. de Jode d'après le "Portrait de De Coster" par A. van Dyck, reprise dans l'"Iconographie" de ce dernier, porte d'ailleurs l'inscription " Pictor Noctium Mecheliensis". B. Nicolson situe De Coster dans la tradition des "candlelight effects" à Anvers au début des années 1630. On ne dispose toutefois d'aucune œuvre signée, ni documentée. La seule composition connue avec certitude de l'artiste est parvenue à travers la gravure de L. Vorsterman d'après un tableau perdu représentant une "Compagnie de joueurs de trictrac et une musicienne jouant du luth à la lumière d'une chandelle" (Paris, B.N.). De Coster aurait emprunté le motif du jeune garçon au premier plan, derrière lequel est dissimulée une bougie, à G. Honthorst vers le milieu des années 1620. L'attribution certaine de "Judith et Holopherne" (Madrid, Prado) et du "Couple chantant à la lumière d'une chandelle" (Vienne, Lichtensteinische Fürstliche Smlg.) est fondée sur la gravure de Vorsterman. "Judith et Holopherne" est visible sur le tableau de W. van Haecht représentant l'"Atelier d'Apelle" (La Haye, Mauritshuis) et qui y montre l'archiduc Albert visitant l'atelier de Van der Geest le 15 août 1615. Ceci permet d'affirmer que "Judith et Holopherne" fut peint avant cette date. L'œuvre dénote l'influence du cercle du Caravage et se rapproche tout particulièrement de la "Judith" de C. Saracenis. Sur la base des trois tableaux cités, Nicolson attribue d'autres œuvres à De Coster. Différentes mentions et gravures du XVIIe siècle font part de compositions représentant des compagnies de musiciens à la lumière d'une chandelle. De Coster lui-même mentionna, en 1627, une scène mythologique et différentes scènes religieuses : "Diogène", la "Délivrance de saint Pierre", le "Reniement de saint Pierre", le "Christ en croix, Saint François avec des livres, Saint François avec un ange" et "Sainte Jérosine". De Coster fit partie des épigones flamands du Caravage. Il fut caravagiste par le choix de ses sujets, par la représentation des figures en grandeur nature, à mi-corps ou aux trois-quarts, et par l'emploi dramatique de la lumière. Ses tableaux présentent des compositions harmonieuses et un coloris puissant et vigoureux.

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