DE CHAMPAIGNE, Jean-Baptiste
Bruxelles, 1631 - Paris, 1681
Peintre de sujets religieux et de portraits. Fils d'Évrard de Champaigne, magistrat de la ville de Bruxelles. Neveu du peintre P. de Champaigne. Celui-ci, ayant perdu son fils unique en 1642, l'année suivante en 1643, il fit venir Jean-Baptiste à Paris et le prit comme élève avant d'en faire son collaborateur. A l'atelier de son oncle, Jean-Baptiste a comme condisciple Nicolas de Plattemontaigne. En 1654 ils se feront réciproquement leur portrait sur une même toile, œuvre qui révèle pour tout deux l'influence de leur maître (Mus. de Rotterdam). En 1655, il acquiert la naturalisation française. Deux ans plus tard, il obtient de P. de Champaigne l'autorisation de partir pour dix-huit mois à Rome. Dès son retour, en 1659, il collabore avec son oncle à la décoration de l'appartement du roi au château de Vincennes. C'est vers la même époque qu'il peint pour l'église Saint-Michel à Gand un "Saint Grégoire enseignant le chant" qui lui avait été commandé par le Séminaire grégorien fondé en cette ville en 1659. Vers 1660/1665, le comte Ernest d'Isembourg lui commande une "Assomption" pour l'autel de la chapelle Notre-Dame à la collégiale de Sainte-Gudule à Bruxelles. En 1661, il décore à Paris la chapelle du Saint-Sacrement de l'abbaye du Val-de-Grâce et, en 1662, il achève le célèbre tableau de l'"Ex-Voto" (Paris, Louvre) que P. de Champaigne n'avait pu terminer en raison d'un voyage en Flandre. En 1663, il est nommé membre de l'Académie royale de Peinture de Paris, la même année que son confrère Nicolas de Plattemontaigne. En 1666, il collabore avec son oncle à la décoration de l'appartement du Grand Dauphin aux Tuileries dont il exécutera seul une trentaine de toiles représentant les "Exercices et amusements de la jeunesse". Il n'en subsiste que quatre, conservées au musée du Louvre. Quatre morceaux de décorations provenant des Tuileries ont été retrouvés récemment, notamment une "Diane" - envoyée par Bonaparte au musée de Bruxelles - une "Aurore", acquise par le musée du Louvre et une "Nuit" (dans une collection espagnole), ainsi que l'esquisse de la décoration de la chambre de Louis XIV représentant "Hercule sur le mont Oeta" (coll. priv.). Devenu "peintre et valet de chambre ordinaire du Roi", Jean-Baptiste se voit confier en 1667 la décoration du salon de Mercure au palais de Versailles, ainsi que celle des salons de Saturne et de Vénus qui seront détruites à peine terminées. Le 9 mars 1670, il épouse Geneviève Jehan, nièce de Charlotte Duchesne, épouse de P. de Champaigne. En 1671, il est nommé professeur à l'Académie royale de Peinture. Son oncle meurt en 1674 après l'avoir institué son légataire universel. En 1680, un an avant son décès, il se voit encore confier la décoration de la chapelle particulière de la reine au palais de Versailles dont il subsiste deux vestiges aux musées de Tourcoing et d'Aix-en-Provence. J.B. de Champaigne, sans l'égaler, prolonge l'œuvre de son oncle. Ses œuvres sont parfois si proches de celles de son maître que certaines lui furent attribuées.
Rédacteur
- Eeckhout, Paul
Collections
- Musée Granet (Aix-en-Provence)
- Cathédrale Saints-Michel et Gudule (Bruxelles)
- St-Michielskerk (Gand)
- Musée des Beaux-Arts (Marseille)
- M.B.A. (Nantes)
- Louvre (Paris)
- Museum Boijmans-van Beuningen (Rotterdam)
- Musée municipal (Tourcoing)
- Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (Bruxelles)
Bibliographie
- Philippe et Jean-Baptiste de Champaigne, cat. exp. Orangerie des Tuileries/M.S.K., Paris/Gand, 1952.
- B. Dorival, Catalogue raisonné de l'œuvre de Philippe de Champaigne, in L'Information d'Histoire de l'Art, XVIII, 2, 1973, pp. 55-62.
- N. Sainte Faregrand, Le décor des Tuileries sous le règne de Louis XIV (Notes et Documents des Musées de France, 20), 1988.
- B. Dorival, Jean-Baptiste de Champaigne. La vie, l'homme et l'art, Paris, 1992.