COX, Jan
La Haye, 1919 - Anvers, 1980
Peintre de portraits, de scènes mythologiques et religieuses; graveur. Issu d'un milieu intellectuel et artistique, d'un père belge qui tient une galerie d'art à La Haye et d'une mère hollandaise, peintre. Très jeune, il dessine et peint dans la lignée des expressionnistes flamands (F. Jespers, F. Timmermans et R. Hynckes sont des amis de la famille). Elève d'I. Opsomer à l'institut supérieur des beaux-arts à Anvers (1936), il étudie ensuite l'histoire de l'art et l'archéologie à l'université de Gand (1937-1941). Lors de sa première exposition (salle Lamorinière, Anvers, 1942), certaines œuvres sont confisquées par l'occupant nazi, comme art dégénéré. En 1943, une nouvelle exposition avec M. Mendelson et R. Meerbergen se tient dans la même salle et est présentée, la même année, au palais des beaux-arts de Bruxelles. Son autoportrait de 1944 trahit déjà le tempérament nostalgique de l'artiste. Il participe à l'exposition "Jeune Peinture belge" (galerie Apollo, 1944) dont il devient membre fondateur en 1945. Sous l'influence de la Jeune Peinture française, son œuvre évolue vers un art empreint de poésie et de magie. Il étudie la gravure avec P. Alechinsky (1947-1948). Il est membre de l'Art contemporain à Anvers (1949), et adhère à Cobra en 1950. Son univers fantastique frôle une atmosphère surréelle, le sarcasme y rejoint l'humour "(Ne fais pas le vilain, ça te va trop bien", in "illustration no 6 Cobra", 1950). Il émigre ensuite aux Etats-Unis et signe un contrat avec le marchand new-yorkais Curt Valentin. Il est nommé Head of the painting department of the school of the museum of Fine Arts de Boston (1956-1974). Il expose dès lors à la galerie Catherine Viviano à New York qui sera son représentant. Il participe à la biennale de la gravure de Tokyo (1957) et à celle de Venise (1964). Il est membre fondateur du Groupe des graveurs belges (1966).J. Cox a toujours soupçonné l'existence d'un cycle dont il était prisonnier en tant qu'artiste et en tant qu'homme. Son œuvre est le récit de son vécu - P. Mertens en parle comme peintures-journal - elle est son intelligence, sa culture, ses passions, ses intuitions, ses émotions. Elle répond au rythme de son existence. J. Cox s'exprime à travers des symboles : les fleurs qui renvoient à la musique et à l'émotion, les mains, à l'abandon ou la protection, l'oiseau, image de sexualité et de régénération, les éléments exotiques, zigzags et plumes, la mort et la vie - toujours liés -, croix et têtes de mort. Tous les thèmes ramènent à l'homme. Ses portraits révèlent l'apparence cachée des gens. Il introduit dans son œuvre ses souvenirs ses expériences, physiques et émotionnelles ("Maman, je vais te manger", 1957, coll. priv.). Il est fasciné par l'actualité des récits séculaires des grands mythes de l'antiquité, des récits de la Bible : Judith et Holopherne, Orphée et Eurydice - mythe de la tragédie de l'amour et de la mort -, l'Iliade dans lequel il découvre la monstruosité de la guerre, le chemin de croix, long et douloureux cheminement vers la mort; la femme est présente, cause de conflit mais noyau du fil de la vie. Le paysage dans l'œuvre de J. Cox est sporadique.Par la force du signe, des couleurs, des taches, J. Cox dénonce la guerre, la haine; toute guerre, celle aussi qu'il mène avec ses propres fantômes, ses démons intérieurs. Homme d'extrême, d'angoisse existentielle, J. Cox met fin à sa vie en octobre 1980.
Rédacteur
- Zeebroek - Ollemans, Jany
Collections
- Musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers (Anvers)
- Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (Bruxelles)
- Musée des Beaux-arts (Gand)
- Musée d’art contemporain de Gand (Gand)
- Provinciaal Museum voor Moderne Kunst (Ostende)
Bibliographie
- A. Corbet, Jan Cox, in Monographies de l'Art belge, Anvers, 1952.
- P. Mertens, La Jeune Peinture belge, 1945-1948, Bruxelles, 1975, passim.
- Jan Cox, L'Iliade d'Homère, cat. exp. M.R.B.A.B., Bruxelles, 1976.
- Jan Cox, cat. exp. BP Gallery, Anvers, Bruxelles, 1985.
- P. Mertens, Jan Cox, Dagboekschilderijen, les peintures journal, Anvers, 1986.
- Jan Cox 1919-1980, Hommage à P. Mertens, Bruxelles, M.R.B.A.B., 1989.