Peintre et aquarelliste de paysages et de natures mortes. Issu d'un milieu ouvrier, il suit les cours de dessin à l'académie des beaux-arts de Bruxelles de 1850 à 1853. Il peint ses premières oeuvres vers 1854. Il s'agit de paysages et d'études de fleurs imprégnés de l'esprit académique. Il expose ensuite avec des peintres amateurs au sein de petits cercles artistiques. Vers 1865, il fréquente l'atelier des frères H. et L. Bellis. L'influence de ces derniers est surtout perceptible dans les natures mortes, par le choix des sujets et par la composition. A partir de 1872, son oeuvre prend une nouvelle orientation. Son tempérament artistique s'affirme lorsqu'il subit l'influence de H. Boulenger, L. Artan et T. Baron. Il se dégage en effet du romantisme pittoresque de ses premières oeuvres pour adopter une approche nettement plus naturaliste. En 1873, il se lie d'amitié avec P. Pantazis. Cette même année, les deux artistes font un long séjour à Anseremme pour peindre sur le motif en compagnie de la plupart des maîtres de la Société libre des Beaux-Arts. En 1874 Vogels engage le jeune Pantazis dans son entreprise Peinture et Décoration. Sous son influence, Vogels adopte une plus grande richesse des tons et ses compositions deviennent plus spontanées. Durant cette même année, il participe pour la première fois aux expositions triennales de Gand et de Namur. L'année suivante, il présente trois tableaux au salon de Bruxelles. A partir de ce moment, son évolution est spectaculaire. Il se détache de l'esthétique naturaliste en adoptant une plus grande liberté d'exécution. En 1876 déjà, les toiles qu'il envoie au salon d'Anvers ("Bruyère à Calmthout", coll. priv.) et au cercle artistique et littéraire de Bruxelles ("Le canal de Willebroeck", coll. priv.) comportent des innovations audacieuses, non seulement sur le plan de l'écriture - liberté extraordinaire dans l'application de la matière au couteau -, mais aussi sur celui de l'organisation des formes, des couleurs et de l'espace pictural. Cependant la modernité de son message plastique reste longtemps incomprise du public et de la critique. En 1881 il montre une oeuvre à la dernière exposition de la Chrysalide ("L'effet de lune", coll. priv.). Notons que cette exposition marque également le début de la carrière de J. Ensor sur qui l'influence de Vogels se révèle primordiale, tant en ce qui concerne la touche que la gamme chromatique. En 1883, il participe à la première exposition du Cercle des Aquarellistes et des Aquafortistes et, l'année suivante, à la fondation des XX. Il sera également membre de La Libre Esthétique. Vogels crée un nouveau dynamisme de l'espace pictural et affranchit en même temps le rapport forme-lumière de toute convention stylistique héritée du passé. Il brise ainsi les limites étroites du naturalisme belge et préfigure les conquêtes plastiques de l'expressionnisme et du fauvisme. Une première exposition rétrospective de son oeuvre est organisée par le cercle artistique de Bruxelles en 1921.
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