Balat inhoudstafel Dictionnaire des peintres belges

Biographie d'artiste


DE SMET, Gustave

(Gust)
Gand, 1877 - Deurle, 1943

Frère de L. De Smet. Peintre et dessinateur de paysages, de personnages ruraux, tels que paysans, paysannes et pêcheurs, de figures féminines et de nus, de scènes de genre, de scènes de kermesse et de cirque, de divertissements populaires et de natures mortes. Dans un premier temps, il fut actif dans l'atelier de son père J.F. De Smet (1846-1929), un photographe et peintre de décors de théâtre. Avec son frère Léon, il réalisa des panneaux décoratifs et des peintures murales pour des salles de théâtre, des baraques foraines, des magasins, des auberges et des maisons de campagne. De 1889 à 1897, avec une année d'interruption en 1893, il étudia à l'académie de Gand auprès de J. Delvin, L. Tytgat, T.J. Canneel ainsi que J. et M. Van Biesbroeck.En 1897, G. De Smet peignit plusieurs paysages et natures mortes dans un style romantique-réaliste. Ce n'est que vers 1900 que des caractéristiques impressionnistes allaient, de manière sporadique, se manifester dans son œuvre. En 1906, il quitta sa ville natale pour s'établir à Deurle, où il habita un temps l'atelier de J. Montigny. En 1908, il occupa, avec C. Permeke, un atelier dans le quartier portuaire d'Ostende. Il y fit de nombreux croquis de chaloupes de pêcheurs, ainsi que des vues du port et de la mer. La même année, durant l'été, il s'installa avec sa famille à Laethem-Saint-Martin. Il y entretint des contacts avec son frère Léon, avec F. Van den Berghe, A. Servaes, ainsi qu'avec les membres du premier groupe de Laethem, G. Minne, V. de Saedeleer et G. Van de Woestyne. Les œuvres réalisées à Laethem consistaient en des paysages de la Lys, des champs et des vergers. Nombre d'entre elles se rattachent au luminisme d'E. Claus. Les artistes de Laethem se distancièrent pourtant peu à peu de cette conception. Un manifeste publié par le mensuel gantois "Nieuw Leven" décrit cette aspiration commune. En 1909, P.G. Van Hecke et A. De Ridder s'établirent à Laethem. De Smet se lia d'amitié avec F. Van den Berghe. Vers 1912, son aversion pour le luminisme s'accentua. Des tendances symbolistes surgirent dans son œuvre.Durant la guerre, il s'exila aux Pays-Bas pour y demeurer jusqu'en 1922. Il résida notamment à Laren et à Blaricum, où il rencontra régulièrement F. Van den Berghe. Il se distancia davantage de l'impressionnisme, se passionna pour le modernisme et subit l'influence de l'expressionnisme allemand, plus précisément des peintres de Die Brücke, Schmidt-Rotluff, Kirchner et Heckel. Du point de vue des coloris, l'art de J. Sluyters, L. Gestel et M. Le Fauconnier ne le laissèrent pas indifférent. Aussi ses peintures dénotent-elles l'influence de l'expressionnisme avec des réminiscences cubistes. Dès avant son départ pour les Pays-Bas, il disposait des éléments nécessaires à la réalisation d'un art visant en premier lieu à l'expression. L'Art nouveau et les estampes japonaises lui avaient déjà indiqué la voie de la composition et les possibilités expressives de la ligne. La recherche d'une consolidation de la forme signifiait pour lui une prise de position délibérée vis-à-vis de l'impressionnisme. Vers 1920, ces caractéristiques se cristallisaient dans un langage spécifique que l'on pourrait au mieux définir comme un expressionnisme constructif. Expressionnisme, par l'attention portée aux émotions intérieures qui se manifestent sous la surface des choses. Constructif, par l'expression de ces émotions dans un langage formel intellectuellement maîtrisé, au moyen d'un coloris bien équilibré. Dans sa recherche d'une symbiose féconde du cubisme et de l'expressionnisme, il suivit indéniablement les traces de M. Le Fauconnier. L'influence d'autres artistes du groupe de Montparnasse, tels que Delaunay, Gleizes, Lhôte, Metzinger, et le langage spécifique des xylographies de H. Campendonck et J. Cantré ont contribué à l'assimilation d'un cubisme schématique en fonction de l'expression. L'épuration systématique de la forme peut également être mise en rapport avec l'intérêt porté à l'art populaire.En 1922, G. De Smet revint en Belgique. L'année précédente, il avait déjà participé aux activités de Sélection. Il se fixa un premier temps à Kalmthout, puis à Ostende, dans l'entourage de Permeke. Durant la période 1927-1931, il fut actif à Bachte-Maria-Leerne et à Afsnee, puis en 1928, à Deurle. L'œuvre de 1922-1925 se situait dans le prolongement de son expérience hollandaise. La tendance à la sobriété s'accentua. A partir de 1920, se fit sentir l'influence de Léger et de Lhôte. A son retour, De Smet peignit principalement des paysans et des paysannes, des enfants, des scènes de kermesse et des motifs empruntés au monde du cirque. La composition en est équilibrée, le coloris chaud. A partir de 1926, il s'intéressa également au milieu citadin. Sa palette offre alors des tonalités qui lui sont propres et des accords typiques de demi-tons. Dans les années trente, il montra une prédilection pour la représentation de figures et de nus, ainsi que de personnages ruraux. Les natures mortes sont également nombreuses. L'intérêt formel fait progressivement place à une sensibilité accrue aux coloris. Moins stricte, son œuvre devient plus libre et plus ludique. De nombreuses représentations évoquent un climat charmant, parfois naïf, aux résonances poétiques. En 1936, le palais des beaux-arts de Bruxelles organisa une rétrospective de son œuvre. G. De Smet peut être qualifié d'expressionniste classique. Souvent son art se complait dans une atmosphère pastorale, où l'homme et la nature acquièrent un caractère recueilli et intemporel.

Rédacteur
Van Damme, Claire
Informations complémentaires
Collections, bibliographie,...

Belgian Art Links and Tools, (c) KIK-IRPA, Brussel, 1999-2011
remarques : balat@kikirpa.be